Eléments d’interventions FO lors Conseil de formation du 23 juin 2026
Force Ouvrière prend acte des éléments présentés lors du Conseil de formation départemental du 23 juin 2026. Si le document (voir en bas d’article) témoigne d’une activité importante en matière de pilotage de la formation, il met surtout en lumière les limites structurelles d’un système qui ne répond plus aux besoins réels des personnels, qu’il s’agisse de la formation initiale ou de la formation continue.
Une formation initiale qui continue de reposer sur les stagiaires comme moyens d’enseignement
Le document indique que 55 professeurs des écoles stagiaires étaient affectés dans le département à la rentrée 2025, dont 39 à temps plein devant élèves.
Pour FO, cette organisation illustre une dérive déjà ancienne : les professeurs des écoles stagiaires sont avant tout utilisés pour assurer des moyens d’enseignement plutôt que pour bénéficier d’une véritable formation professionnelle.
Les futurs enseignants se retrouvent responsables d’une classe alors même qu’ils sont encore en phase d’apprentissage du métier. Le document indique d’ailleurs que les PEES à 100 % ne bénéficieraient que de trois semaines de formation réparties sur l’année scolaire.
Trois semaines de formation réparties dans l’année, et après la rentrée, pour préparer à un métier aussi complexe que celui de professeur des écoles ne peuvent constituer une formation initiale à la hauteur des enjeux.
Le dispositif par ailleurs ne permet de connaître qu’une seul niveau ou cycle, là où l’ancienne formation permettait 4 stages dans l’année, dans 3 cycles différents (les titulaires alors remplacés partaient en formation continue durant trois semaines…)
FO revendique :
- une véritable année de formation professionnelle ;
- un temps de formation largement majoritaire par rapport au temps devant élèves ;
- des stages d’observation, de pratique accompagnée et de prise en responsabilité progressive ;
- l’arrêt de l’utilisation des stagiaires comme variable d’ajustement des besoins de remplacement ou d’enseignement.
La réforme de la formation initiale ne saurait être guidée par des impératifs budgétaires ou de gestion des ressources humaines mais par l’exigence de former correctement les futurs enseignants.
Une formation continue largement détournée de sa vocation
L’analyse du bilan 2025-2026 confirme ce que FO dénonce depuis plusieurs années : la formation continue des professeurs des écoles est devenue essentiellement un outil de mise en œuvre des politiques ministérielles.
Les principaux dispositifs recensés sont :
- Plans Français ;
- Plans Mathématiques ;
- évaluations d’école ;
- résidences savoirs fondamentaux ;
- pHARe ;
- laïcité ;
- appropriation des nouveaux programmes.
Autrement dit, l’essentiel du temps de formation est consacré à des dispositifs imposés par l’institution.
FO constate que les personnels disposent de moins en moins de possibilités de choisir des formations correspondant à leurs besoins professionnels, à leurs projets ou aux réalités rencontrées dans leurs classes.
La formation à l’offre, pourtant indispensable à l’enrichissement des pratiques pédagogiques, est devenue marginale.
Les animations pédagogiques ne remplacent pas une véritable formation continue
Le nouveau plan départemental 2026-2030 prévoit qu’un enseignant bénéficiera sur quatre ans de 24 heures en mathématiques, 24 heures en français et 24 heures dans d’autres domaines.
Pour FO, cette présentation ne doit pas masquer une réalité préoccupante :
- ces heures restent largement contraintes ;
- elles sont organisées dans le cadre des constellations, résidences pédagogiques ou animations pédagogiques ;
- elles ne correspondent pas à ce que l’on peut attendre d’une véritable formation continue.
- elle néglige les besoins des personnels de formations disciplinaire dans d’autres domaines : la richesse de l’école primaire repose aussi sur les autres enseignements (motricité, EPS, langues vivantes, sciences, Histoire-Géographie, arts…)
Les animations pédagogiques constituent des temps d’information ou d’accompagnement ponctuels. Elles ne peuvent se substituer à des stages de formation approfondis permettant aux enseignants de prendre du recul sur leurs pratiques, d’actualiser leurs connaissances et de développer de nouvelles compétences professionnelles.
FO rappelle qu’une véritable formation continue doit :
- être choisie et non subie ;
- répondre aux besoins exprimés par les personnels ;
- être assurée par des formateurs qualifiés ;
- se dérouler intégralement sur le temps de travail ;
- permettre le remplacement effectif des collègues partis en stage.
FO déplore par ailleurs qu’une part importante des 18h d’animation pédagogique se fasse le soir à des moments où après une journée de travail, et avant une autre, il est impossible de se former correctement.
C’est une des autres conséquence du maintien obstiné de la semaine de 4 jours et demi dans notre département : dans les départements à 4 jours les animations pédagogiques peuvent avoir lieu des mercredis matins, dans des conditions favorables à la formation, et dans de bonne conditions également pour les formateurs.
Une formation qui continue de se dérouler hors temps scolaire
Le document prévoit que les dispositifs de résidence ou de constellation comprennent 18 heures de formation en dehors du temps scolaire et 12 heures d’accompagnement.
Pour FO, cette organisation est révélatrice d’une conception inacceptable de la formation.
Dans la plupart des grandes organisations publiques ou privées, la formation professionnelle est considérée comme un investissement de l’employeur envers ses salariés.
À l’Éducation nationale, la tendance est au contraire de faire porter aux personnels eux-mêmes la charge de leur formation, en mobilisant leurs obligations de service ou leur temps personnel.
FO considère qu’il est indigne d’un employeur de ne pas investir davantage dans la formation de son principal capital : les personnels.
Former les enseignants ne constitue pas une dépense mais un investissement indispensable pour la qualité du service public d’éducation. Les Ministres ne peuvent pas nous caresser la nuque tous les quatre matins avec des mails, et négliger par ailleurs la formation : assez de parole, il faut des actes !
Les remplacements demeurent le verrou principal
Derrière l’ensemble de ces dispositifs apparaît une difficulté connue : l’absence de moyens de remplacement suffisants.
Tant que les personnels ne pourront pas être remplacés pour partir en stage, aucune politique ambitieuse de formation continue ne pourra voir le jour.
FO revendique :
- un recrutement massif de remplaçants ; le retour une véritable brigade de formation continue
- des stages de formation continue sur temps de classe ;
- le retour de véritables départs en formation de 3 semaines comme avant ;
- l’augmentation des budgets consacrés à la formation professionnelle.
Conclusion
Ce conseil de formation confirme les analyses portées par Force Ouvrière depuis plusieurs années.
La formation initiale reste insuffisante et continue d’utiliser les professeurs stagiaires comme moyens d’enseignement.
La formation continue est largement absorbée par les dispositifs institutionnels obligatoires (plans français, plans mathématiques, évaluations d’école, nouveaux programmes) au détriment d’une véritable offre de formation choisie par les personnels.
Pour FO, il est urgent de redonner toute sa place à une formation professionnelle ambitieuse, choisie, qualifiante et réalisée sur le temps de travail avec les moyens de remplacement nécessaires.
Les personnels ont droit à une véritable formation tout au long de leur carrière. C’est aussi un facteur de motivation et d’envie : faut-il s’étonner e l’absence de réelle formation que de plus en plus d’enseignants ne se reconnaissent plus dans leur métier?
Le service public d’Éducation nationale ne peut fonctionner durablement en considérant la formation comme une variable d’ajustement budgétaire, et en méprisant plus longtemps les personnels.
ELEMENTS DE LA FORMATION 2026-2027
1) Formation Initiale
a) Bilan 2025-2026
55 PES dont 39 à 100 % et 16 à 50 %
Il y a eu 2 démissions de PES à 100 %
b) Rentrée 2026
Plusieurs profils en fonction de la formation du lauréat et du type de concours passé. Une commission académique se tient aujourd’hui pour orienter les lauréats L3 vers Fonctionnaire Stagiaire ou Eleve Stagiaire.
Voir sur cet article : ICI
L’accueil des stagiaires aura lieu lundi 29 juin à l’INSPE. A cette occasion, ils choisiront leur affectation dans l’ordre d’obtention du CRPE.
Pour les stagiaires 50 %, il y aura une formation bi-vague mais pas bi-site.
Le SNUDIFO86 se félicite que la formation PES partagée avec le site d’Angoulême soit abandonné, les stagiaires nous remontaient régulièrement des problèmes de santé, fatigue ou financiers liés à ces déplacements imposés.
En revanche, le SNUDIFO86 a alerté qu’une formation bi-vague induit un couplage de PES 50 % en binôme. FO a regretté de revenir à cette solution qui a posé de nombreuses difficultés par le passé.
L’INSPE a choisi d’indemniser les tuteurs de M1 non lauréats qui seraient inscrits dans le parcours et qui feront un SOPA (Stage d’Observation et de Pratique Accompagnée) de 8 semaines. Ce dispositif n’est pas national mais un choix local.
2) Formation Continue
Les PE
a) Bilan 2025-2026
Le SNUDIFO86 déplore qu’il n’y ait plus du tout de formation à l’offre, il n’y a que des parcours où les 18h d’animation pédagogique sont verrouillées. Nous avons dénoncé une impossibilité de tenir compte des réalités de terrain dans la formation des agents.
De plus, le plan rassemblant le plus d’école est « l’évaluation d’école ». Il est insensé d’appeler cela de la formation, d’utiliser les 18h pour un dispositif non obligatoire dont nous demandons l’arrêt. LIRE ICI
b) Plan départemental 2026-2030
VOIR DIAPOS CI-DESSOUS
Dans les 24h d’autres champs disciplinaires, l’équipe pourra choisir dans un catalogue de formations ou faire remonter un besoin spécifique (il faudra qu’il y ait suffisamment de participant pour qu’en découle une proposition de formation).
Au sein de ces 24h, il faudra faire l’évaluation d’école bien sûr et d’autres demandes nationales (Phare, Laicité etc)
Le SNUDIFO86 a dénoncé seulement 6h au choix soient seulement possibles en 4 ans de formation : ce n’est pas ce qu’on appelle une liberté de choix de formation.
Le choix d’imposer les résidences (de façon massée) et constellations (plus étalée dans le temps) est corrélé aux résultats aux évaluations nationales.
Le SNUDIFO86 s’oppose à cette logique de mise sous surveillance des méthodes des équipes face à des évaluations sur lesquelles les enseignants n’ont pas la main.
A la rentrée 2026, il y aura 3h consacrées au DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) prises sur les 18h d’animation pédagogique.
Pour le SNUDIFO86, c’est un non-sens d’utiliser nos 18h pour toute autre chose que de la formation. Nous continuons de demander une journée entière banalisée sur le temps de classe : notre santé au travail mérite une véritable formation avant la discussion et le rédaction du DUERP.
Nous avons également rappelé que nombre de collègues demandent la formation aux premiers secours et SST (Sauveteur Secouriste au Travail) : il est inacceptable de s’occuper d’enfants en collectivité sans avoir une remise à niveau au premiers secours, et que la plupart des écoles ne dispose d’aucun SST.
Le SNUDIFO86 a demandé que tous les collègues soient informés clairement des démarches pour obtenir cette mise à niveau et qu’un véritable de formation de SST soit mise en place (demande formulée lors du GT académique).
Les directeurs
a)LADE
19 inscrits en 25-26 / 15 inscrits en 26-27
23 jours de formation tout au long de l’année sur le référentiel métier de la direction d’école LIRE ICI
Les tuteurs des néo-directeurs sont choisis sur un contexte proche de celui du néo et géographiquement proche. Cela ne se fait que sur volontariat avec lettre de cadrage et droit à indemnisation.
b) Chargés d’école
16 en 25-26
3 jours de formation + 6ou 7 visios thématiques
c) Formation continue
La gestion de crise (intrusion etc) = 1 journée
La protection de l’enfance = 3h en présentiel avec les RASED, IEN, CPC
Après avoir pendent plus de 10 ans porté cette demande, FO se félicite que la protection de l’enfance fasse désormais parti de la formation des directeurs. Toutefois nous continuons de demander que l’ensemble des personnels soient formés. Il ne suffit pas de former les directrices et directeurs pour considérer que les adjoints, remplaçants, etc sont formés également.
CAFIPEMF
25-26 : 15 inscrits, 2 abandons, 7 admis
26-27 : 12 inscrits
La formation se déroule jusqu’en décembre donc se condense sur quelques mois pour démarrer les épreuves en janvier.
3) Formation de formateurs
25-26 : Elle concerne les formateurs et Conseillers pédagogiques. Elle se déroule sur 7 journées thématiques : Hybrides la formation, Gestion de situations complexes (3j), Maternelle, Ecole inclusive, Plan de Formation 26-27.
Vos représentants Fabien Vasselin et Catherine Le Poittevin
Conseil-de-formation_DSDEN86_juin2026_VF-1