Je reçois une «invitation» de mon IEN : que faire ?

Les accusations infondées contre des collègues adressées par courrier ou mail, notamment de la part de parents d’élèves, ne cessent d’augmenter.

Face à cela, notre hiérarchie s’est faite un devoir de demander des explications aux collègues.

D’autres motifs (climat scolaire, relation interprofessionnelles, avec la Mairie, avec les ATSEM, carte scolaire, problèmes d’inclusion, résultats aux évaluations nationales, évaluation d’école…) sont aussi à l’origine de quantité d’invitations.

Ainsi, nous constatons une hausse du nombre de collègues recevant de leur IEN un courriel les «invitant» à un entretien, et le plus souvent sans que le motif précis de celui-ci soit indiqué.

Le mot se veut rassurant : «une invitation». Méfiance !

Dans plusieurs situations récentes, des collègues se sont rendus seuls à ces entretiens sans en connaître précisément l’objet. Ils pensaient être conviés à un échange professionnel ordinaire. Sauf que ça n’était pas le cas.

Nous déplorons un nombre croissant de collègues ressortant de ces entretiens profondément déstabilisés.

Certains ont été placés en arrêt de travail.
Certaines situations ont même conduit à des déclarations d’accident de service.
Ou des mutations sous la contrainte. Et des démissions.

Soyons clairs : «une invitation» de votre supérieur hiérarchique reste un acte professionnel à ne pas prendre à la légère.

Le SNUDI-FO86 vous informe sur vos droits et vous explique comment les personnels peuvent se protéger.

En effet, une fois sur place, l’entretien peut pourtant porter sur des faits qui leur sont reprochés, sur un courrier adressé à l’administration, une plainte de parents ou de collègues, ou sur leur manière de servir.

Certains entretiens commencent même par des questions telles que :

« Savez-vous pourquoi vous êtes là ? »

« À votre avis, qu’est-ce qui s’est mal passé ? »

« Pensez-vous avoir quelque chose à vous reprocher ? »

« Comment voyez-vous votre avenir dans l’Education Nationale ? »

Dans cette situation, le premier conseil est simple : ne restez pas dans le flou et laissez des traces écrites. Contactez le syndicat : nous sommes formés à vous accompagner et vous défendre.

Une «invitation» de la hiérarchie n’est pas une invitation ordinaire, ni une convocation.

Une invitation n’est pas une convocation. Elle peut être déclinée.

« L’invitation à un entretien » telle qu’elle est aujourd’hui fréquemment utilisée par les IEN ne correspond pas à un cadre réglementaire spécifique.

C’est précisément ce qui pose problème.

Lorsqu’un IEN adresse à un enseignant une « invitation » à se présenter à une date et une heure données, sans préciser le motif de l’entretien, sans indiquer clairement si la présence est obligatoire ou facultative et sans rappeler les possibilités d’accompagnement, le collègue peut légitimement se retrouver dans une situation d’incertitude.

Or une simple invitation ne doit pas être transformée, par le seul effet de l’autorité hiérarchique, en obligation implicite.

Si l’administration considère que la présence du collègue est requise, elle doit le dire clairement et assumer le cadre correspondant.

Si elle considère au contraire qu’il s’agit bien d’une invitation facultative, cela doit également être précisé sans ambiguïté. « Si c’est flou, c’est qu’il y a un loup » : il faut donc lever ce flou.

Le SNUDI-FO 86 refuse que les personnels aient à subir les contraintes d’une convocation sans bénéficier des garanties qui l’accompagnent.

Le SNUDI-FO 86 conseille donc aux collègues de ne pas répondre simplement « je serai présent ».

Il faut demander par écrit :

  • quel est l’objet de l’entretien ;
  • si des faits précis sont concernés ;
  • si l’entretien fait suite à un courrier, une plainte ou un signalement ;
  • si la présence du collègue est requise ou si l’entretien est effectivement facultatif ;
  • et annoncer, si le collègue le souhaite, qu’il sera accompagné d’un représentant syndical.

Pourquoi répondre par écrit ?

Parce que les échanges téléphoniques ne laissent aucune trace. Un écrit laisse des traces et apporte un cadre.

Un collègue peut très bien entendre au téléphone :

« Ne vous inquiétez pas, c’est juste un petit entretien informel. ».

Puis découvrir sur place qu’un courrier de plusieurs pages est posé sur le bureau de l’IEN et qu’on lui demande de répondre à des accusations précises. Ou subir un interrogatoire sur toute sorte de sujets.

Un courriel envoyé avant l’entretien permet au contraire de dater les faits et de montrer que le collègue a demandé à connaître l’objet de l’entretien afin de pouvoir le préparer.

Courrier type

À réception d’une « invitation », le SNUDI-FO 86 propose d’envoyer le message suivant :

« Madame l’Inspectrice / Monsieur l’Inspecteur,

J’accuse réception de votre message m’invitant à un entretien le [date] à [heure].

Afin de pouvoir préparer utilement cet échange, je vous remercie de bien vouloir m’en préciser l’objet.

Dans l’hypothèse où cet entretien ferait suite à des faits qui me seraient imputés, à un courrier, une plainte, un signalement ou tout autre document me concernant, je vous remercie également de bien vouloir m’indiquer la nature des éléments sur lesquels portera cet entretien.

Je vous remercie enfin de me préciser si ma présence à cet entretien est requise dans le cadre du service ou s’il s’agit d’une invitation à caractère facultatif.

Je vous informe que je souhaite être accompagné(e) lors de cet entretien par un représentant du personnel.

Cordialement,

[Nom – école] »

Si cette invitation est hors temps scolaire, nous vous conseillons également de demander une «invitation» sur le temps de travail, pas sur votre temps personnel, et encore moins un mercredi après-midi : c’est votre droit !

« Etant sujet à des contraintes sur mon temps personnel, je vous remercie de me proposer une date et un horaire situé sur mon temps de service effectif. »

Et si l’administration téléphone ?

Il est tout à fait possible de répondre au téléphone.

Mais à l’issue de l’échange, nous conseillons d’envoyer immédiatement un mail :

« Madame l’Inspectrice / Monsieur l’Inspecteur,

À la suite de notre échange téléphonique de ce jour, je vous confirme avoir pris note de votre demande de me présenter à un entretien le [date] à [heure].

Sauf erreur de ma part, vous m’avez indiqué que [reprendre brièvement ce qui a été dit].

Je vous remercie de bien vouloir me préciser l’objet de cet entretien ainsi que son caractère obligatoire ou facultatif.

Cordialement. »

Ce simple réflexe permet d’éviter que des informations importantes ne restent uniquement verbales.

Le conseil du SNUDI-FO 86

Avant tout entretien demandé par la hiérarchie :

  • Ne restez pas seul, demandez l’objet de l’entretien, exigez des réponses écrites et contactez le syndicat [contact ici].
  • Et surtout, ne cherchez pas vous-même à deviner ce que l’on vous reproche.
  • C’est à l’administration de préciser les faits sur lesquels elle souhaite vous entendre.

Mieux vaut préparer un entretien qui se passera finalement très bien que découvrir, une fois la porte refermée, que vous étiez le seul dans la pièce à ne pas savoir pourquoi vous étiez là.

FO est votre syndicat. FO est là pour informer et défendre les droits des salariés.
Ne restez pas isolé(e) : contactez-nous chaque fois que nécessaire.

Une invitation ouvre droit à la prise en charge de vos frais de déplacement :
nous y reviendrons dans un prochain article.