Depuis la rentrée, la situation de l’école maternelle de Biard illustre malheureusement de manière très concrète les conséquences des suppressions de postes dans l’Éducation nationale.
Alors que 4 000 postes ont encore été supprimés à cette rentrée, dont 43 dans la Vienne, des classes ferment et l’administration demande ensuite aux personnels de trouver des organisations toujours plus complexes pour faire face au manque de moyens.
À Biard, le SNUDI-FO 86 intervient depuis le premier jour pour une revendication qui n’a pas changé : l’ouverture d’une troisième classe.
55 élèves et trois classes hier, 58 élèves et deux classes aujourd’hui !
L’année dernière, l’école maternelle de Biard comptait 55 élèves répartis dans trois classes. Une fermeture a été prononcée au printemps sur la base d’une prévision de 51 élèves.
Mais les inscriptions ont augmenté, notamment pendant l’été. Lors du CSA-SD de rentrée du 2 septembre, l’administration a pourtant retenu le chiffre de 55 élèves. Elle a refusé l’ouverture d’une troisième classe et privilégié la piste d’une réorganisation entre les écoles maternelle et élémentaire.
Au cours de cette même instance, des accusations particulièrement graves de « déloyauté » ont été portées contre la municipalité, mais également contre les directrices et les équipes, notamment au sujet des dérogations accordées par la commune et de ONDE.
Le SNUDI-FO 86 est intervenu pour défendre l’école et demander l’ouverture de la troisième classe. Il a été la seule organisation syndicale à voter contre les mesures de carte scolaire proposées par la DASEN : 7 représentants ont voté pour (4 FSU-SNUipp, 3 SE-UNSA), 1 s’est abstenu (FSU-SNUipp) et les 2 représentants FO ont voté contre.
FO intervient, un nouveau comptage est effectué
Dès que les personnels de Biard nous ont communiqué les éléments dont nous ne disposions pas lors du CSA-SD, le SNUDI-FO 86 a saisi la DASEN.
Nous avons notamment demandé qu’un nouveau comptage soit effectué le lundi 7 septembre, lorsque les élèves dont l’arrivée était annoncée seraient effectivement présents.
Ce nouveau comptage a confirmé la réalité de la situation : 58 élèves sont à prendre en compte, répartis dans seulement deux classes, dont un enfant faisant l’objet d’un projet d’inclusion. Les éléments concernant cette inclusion étaient d’ailleurs connus des services avant le CSA-SD mais n’avaient pas été portés à la connaissance des représentants du personnel. C’est précisément ce que rappelait ensuite notre projet de demande de reconvocation du CSA-SD [LIRE EN BAS DE PAGE].
Pour le SNUDI-FO 86, une question demeure donc posée : dans quelles conditions les représentants du personnel ont-ils pu se prononcer le 2 septembre alors qu’ils ne disposaient pas de l’ensemble des informations nécessaires et que certains des éléments présentés au cours de la séance ont ensuite été contredits ?
Les parents d’élèves se mobilisent
Parallèlement, les parents d’élèves se sont mobilisés dès les premiers jours de la rentrée. Une pétition a été lancée le 3 septembre, suivie de mobilisations devant l’école les 4 et 9 septembre pour réclamer l’ouverture de la troisième classe, avec le soutien des personnels et des élus.
Cette mobilisation a rencontré un important écho dans la presse et les médias locaux. Parents et élus ont porté la même interrogation : comment comprendre que l’école ait fonctionné l’année précédente avec trois classes pour 55 élèves et qu’elle n’en compte plus que deux alors que les effectifs sont remontés ?
Le 11 septembre, des représentants des parents d’élèves et des élus ont été reçus par l’administration pour demander une nouvelle fois l’ouverture de la troisième classe.
Ils en sont ressortis sans avoir obtenu cette ouverture : seul un « renfort » le matin a été annoncé.
Ce sans la moindre information officielle aux représentants du personnel !
Réunions, pressions, injonctions : les personnels n’ont pas à subir cela !
Plutôt que d’ouvrir la troisième classe, l’administration a multiplié les réunions avec les équipes pour tenter de leur faire accepter une autre solution : déplacer des élèves de grande section vers l’élémentaire pour constituer un GS-CP, avec pour conséquence une réorganisation d’autres classes quelques jours seulement après la rentrée.
Les personnels des deux écoles ont refusé de se laisser imposer cette organisation.
Après plusieurs réunions dans les écoles, les deux directrices ont été invitées le 10 septembre à la DSDEN. Elles ont demandé à être accompagnées par un représentant du SNUDI-FO 86.
Pendant près d’une heure, elles ont dû répondre à une succession de reproches : mobilisation des parents, banderole installée devant l’école, prétendue intervention d’un enseignant dans la presse qui s’est révélée inexistante… avant que l’administration tente une nouvelle fois de les amener à accepter la réorganisation refusée par leurs équipes. [LIRE LE COMPTE-RENDU ICI]
Le SNUDI-FO 86 l’a dit clairement : les directrices n’ont pas à porter la responsabilité d’une décision que l’administration veut imposer. Si l’administration entend réorganiser les écoles contre l’avis des équipes, qu’elle en assume elle-même la décision et la responsabilité.
FO a proposé de reconvoquer le CSA-SD
Les effectifs constatés n’étant plus ceux sur lesquels le CSA-SD s’était prononcé et des éléments importants n’ayant pas été communiqués lors de l’instance, le SNUDI-FO 86 a proposé aux autres organisations syndicales de demander ensemble la reconvocation du CSA-SD [LIRE COURRIER EN BAS DE PAGE].
La réglementation permet en effet à la moitié des représentants titulaires d’obtenir la réunion du comité. Notre projet proposait que le CSA-SD réexamine formellement la situation de Biard et l’ouverture de la troisième classe sur la base des effectifs désormais constatés et de l’ensemble des informations disponibles.
Notre proposition n’a pas recueilli les cinq signatures nécessaires.
La FSU-SNUipp a préféré proposer un courrier intersyndical demandant le déploiement d’un moyen supplémentaire [LIRE EN BAS DE PAGE]. Le SNUDI-FO 86 a immédiatement accepté de le signer : dès lors qu’une initiative permet de défendre les revendications des collègues, FO y prend toute sa place. Cette proposition de courrier constatait elle-même les 58 élèves et le nouveau comptage effectué le 7 septembre.
Après l’annonce officieuse (à ce jour les organisation syndicales n’ont toujours pas été officiellement informées de ce renfort que nous avons découvert sur France 3) par la DASEN d’un renfort tous les matins, le SE-UNSA a finalement indiqué ne plus voir la nécessité d’adresser ce courrier.
Pour le SNUDI-FO 86, au contraire, la revendication n’est pas satisfaite.
Un renfort n’est pas une ouverture de classe !
Ce qui a finalement été accordé à Biard n’est pas une troisième classe.
Il s’agit d’un renfort le matin, avec une enseignante en doublon dans l’une ou l’autre des deux classes, selon une organisation restant à déterminer localement, en réunions, supervisées par un conseiller pédagogique sous la houlette de l’IEN.
Les deux classes demeurent. L’ouverture demandée n’a pas eu lieu.
Et nous refusons que cette solution devienne demain une nouvelle norme dans les écoles maternelles : fermer une classe lorsque les effectifs baissent, puis, lorsqu’ils remontent et justifieraient sa réouverture, déployer quelques demi-journées de « renfort » et demander aux personnels de bricoler une organisation permettant de faire avec.
Aujourd’hui à Biard, demain ailleurs ?
À force de solutions de substitution, il nous sera expliqué demain qu’elles « fonctionnent » et qu’il n’est finalement plus nécessaire d’ouvrir les classes dont les écoles ont besoin.
Le SNUDI-FO 86 refuse cette logique.
Cette solution a d’ailleurs déjà été utilisée à cette rentrée dans deux autres écoles maternelles du département, à Fleuré et à Oyré, où des renforts à temps partiel ont été accordés plutôt que de véritables ouvertures de classes. A Biard comme Fleuré et Oyré c’est une ouverture qu’il faut : pas du bricolage.
Pour le SNUDI-FO 86, ces solutions sont inacceptables, quelle que soit l’école concernée : un renfort ne remplace pas une ouverture de classe.
La revendication demeure : ouverture de la troisième classe !
Les personnels n’ont pas à subir réunions sur réunions, reproches, injonctions et pressions parce qu’ils refusent de pallier eux-mêmes les conséquences du manque de postes.
Ce sont les personnels qui, chaque jour, font fonctionner les écoles et assurent le service public d’Éducation. Ils doivent pouvoir exercer leurs missions avec les postes et les moyens nécessaires, dans le respect de leurs choix pédagogiques, de leurs statuts et de leurs conditions de travail.
Le SNUDI-FO 86 continuera d’être aux côtés des personnels qui se mobilisent pour défendre leurs postes, leurs conditions de travail et les conditions d’apprentissage de leurs élèves.
À Biard, malgré le « renfort » annoncé, rien n’est réglé.
Le SNUDI-FO 86 maintient sa revendication : ouverture immédiate de la troisième classe à l’école maternelle de Biard !
Proposition SNUDI-FO de courrier demandant la convocation d’un CSA-SD pour examiner la situation de l’école maternelle de Biard
projet-de-courrier-demande-convocation-CSASD-situation-Biard-1En réponse à FO, proposition de courrier intersyndical de la FSU-SNUipp, acccepté par FO, toujours en attente de réponse du SE-UNSA
proposition-courrier-intersyndical-Biard