INCLUSION – Le Ministre passe à l’Acte 2 : apprendre à faire avec les moyens du bord, coacher les personnels, diluer le démantèlement des établissements médico-sociaux dans les PIAL, sans plus d’AESH !

« Il faut toutefois plus de formation, plus de capacité pour que les enseignants apprennent à gérer les différents profils qu’ils ont en face. »

Depuis la loi de 2005, FO n’a de cesse d’alerter sur les conséquences graves du 100% inclusion systématique sans moyens adaptés et en lien direct avec la suppression des établissements médico-sociaux pour raisons d’économies budgétaires. La vitrine d’une inclusion « bénéfique et réussie partout et pour tous » est aujourd’hui, plus que jamais, fissurée et prête à craquer. 

Dans la Vienne, FO signalait au DASEN, au CTSD de septembre 2022, puis au CHSCT-D d’octobre 2022, la situation de 60 élèves autistes dans la Vienne mis en classe sans la moindre aide, placés en liste d’attente de soins et aides d’organismes externalisés noyés sous la quantité de demandes. Aucune réponse n’avait été apportée à cette alerte.

FO alertait déjà, en demandant que la restructuration du CMPP 86 ne se fasse pas, sur le fait que des élèves en besoin de suivi et de soins allaient être laissés pour compte et maintenus dans les classes sans aide médico-sociale. 

Lors de l’instance F3SCT ( = santé sécurité au travail) du 30 mars, FO indiquait au DASEN que 90 RSST avaient été saisis en 4 mois par des enseignants du 1er degré et des AESH de la Vienne indiquant leur stress, leur souffrance au travail, leur impuissance à encadrer des élèves à troubles neuro-développementaux laissés sans soins. 

EN PJ : communiqué FO et Compte rendu intégral de l’audience au ministère (extrait ci-dessous) :« FO : Notre responsabilité est de vous alerter. La vôtre est de garantir le fonctionnement du service public d’éducation. Or celui-ci est compromis car ce qui était conçu et présenté comme une solution, l’inclusion scolaire systématique des élèves en situation de handicap, est devenu un problème.
La situation est grave car les conséquences sur les conditions de travail et la santé des personnels et des élèves sont dramatiques. La perception du handicap au sein des établissements est en train de changer. L’inclusion est maintenant perçue comme la cause de souffrances pour tous :
– les élèves qui sont inclus sans prendre en compte la nature et la gravité de leurs handicap/difficultés scolaires et parfois sans accompagnement
– les autres élèves qui subissent des violences ou apprennent dans des conditions de fait très dégradées
– les personnels qui sont démunis pour les accueillir tant les conditions sont devenues difficiles avec des scènes de violences intolérables ou qui sont mis en danger par cet accueil
– les parents qui sont insatisfaits des conditions d’accueil.

C’est très grave car, dans de nombreuses situations, il y a mise en danger à la fois d’élèves et des personnels. C’est très grave car les personnels ont le sentiment d’être abandonnés.

Par ailleurs, les personnels sont inquiets des menaces que fait planer le rapport de l’IGF et de l’IGESR.

Personnels et élèves sont confrontés à une situation de mise en danger. (citation d’exemples et témoignages)
– Mise en danger des personnels qui sont confrontés à des situations ingérables et qui les dépassent :
– violence vis à vis des AESH comme des enseignants
– violence vis à vis des élèves conduisant la classe à percevoir le handicap comme une menace et une cause de désordre dans la classe et engendrant des troubles psychologiques
– explosion du nombre de fiches RSST pour signaler des agressions de personnels (pourcentages très élevés dans des départements).
– l’inclusion systématique est devenue la 1ère cause d’accident du travail et de burn out dans l’éducation nationale.
– Mise en danger des élèves
– par l’inclusion d’élèves qui n’ont pas trouvé de place en IME et en ITEP et que personne n’est en capacité de gérer (des élèves suicidaires, violents, qui ne sont pas propres mais qui se retrouvent en collège dans une classe avec 29 autres élèves)
– souffrance des élèves en situation de handicap qui n’ont pas d’AESH ou qui voient la prise en charge par l’AESH se réduire au fur et à mesure où l‘AESH se voit confier des élèves supplémentaires.

Les PIAL aboutissent à gérer la pénurie d’AESH au plan local avec une pression accrue sur les AESH.
– souffrance des autres élèves qui doivent apprendre dans une ambiance infernale et insécurisante.
– des élèves accueillis en LP alors qu’il y a utilisation de machines dangereuses
Manque de places et de postes d’enseignants spécialisés
– Listes d’attente énormes dans toutes les structures et dispositifs (chiffres des départements)
(centaines en IME et ITEP dans de nombreux départements, ULIS à 14 voire 16…)
– Heures dues aux élèves non données (ex IME du 43, 37)
Modifications des missions des enseignants spécialisés et des personnels médico-sociaux
– Rôle de personnels ressources et coachs des enseignants spécialisés
– Rapport RASED
– EMAS dans le cadre des PIAL
– Pressions exercées sur les collègues dans le cadre de politique ministérielle d’accompagnement et de culpabilisation PPCR
– Nous demandons le retour des prises en charge des élèves et non du « coaching ».
– Demande du retour d’une formation par options d’enseignants spécialisés telle que le CAPA-SH et non de personnels ressources avec le CAPPEI.
Il s’agit d’une alerte, nous sommes dans une situation catastrophique avec des accidents graves susceptibles de se produire.MEN : Selon le rapport de l’IGF et de l’IGESR, la réponse n’est pas forcément « plus d’AESH ».Mais la question est : qu’est-ce qui rend l’inclusion compliquée ? Les comportements violents ou autre chose ? Le risque serait de rejeter l’inclusion en bloc. L’acte 2 doit nous permettre d’avancer sur ces réponses.
Les enseignants n’ont pas à faire de geste médical. Nous entendons que vous voulez qu’ils restent sur leur métier.
Il faut toutefois plus de formation, plus de capacité pour que les enseignants apprennent à gérer les différents profils qu’ils ont en face.

Et si on décidait d’ouvrir des places en ESMS, il faut du temps pour cela. Dans l’immédiat, les enfants sont dans les classes, il faut donc composer avec. »

POUR TOUTE SITUATION PORTANT PRÉJUDICE 

À VOTRE SANTÉ AU TRAVAIL, 

À CELLE DES COLLÈGUES, 

À CELLE D’UN OU DE PLUSIEURS ÉLÈVES, 

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Pour le bureau du Snudi-FO 86,

Julien Marmisse

Représentant FO en CSA-SD 86 et F3SCT-D 86

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