Grenelle : 1ère réaction du SNUDI-FO 86
Publié; le 28 mai 2021 | snudi FO

Grenelle : 1ère réaction du SNUDI-FO86

Des miettes pour quelques-uns contre la poursuite de l’individualisation des droits et le management dans la lignée de PPCR !

Mercredi 26 mai, Jean-Michel Blanquer a médiatisé les conclusions de son Grenelle. (en savoir plus sur le Grenelle, notre analyse dans ce dossier de décembre 2020).


Il a annoncé une enveloppe de 700 millions d’euros pour 2022 afin de revaloriser les salaires des enseignants… contre les 400 millions initialement prévus.

Cette revalorisation avec une enveloppe promise depuis 2012, annoncée, promise, repoussée, annoncée, puis de nouveau repoussé et promise par les Ministres successifs, arrive enfin...

Après dix ans de disette, de manœuvres, et de chantages divers !

Le Ministre explique avoir pris en compte "l'expérience, l’expertise et les pistes de chacun" au cours de discussions du Grenelle. Il va un peu vite en besogne, et oublie de préciser qu'il est arrivé avec des conclusions déjà arrêtées, et qu'il n'a pris en compte que les avis préalablement sélectionnés (le fameux « panel d'experts »)!

Logiquement, les 12 engagements annoncés sont des coups de bâtons contre les personnels et contre leur statut, dans la droite ligne des ordonnances Macron, de la loi Dussopt, la loi de la Confiance et la loi Darmanin de la Fonction Publique.

A titre d'exemple, « la transformation du parcours professionnel personnel, et sa meilleure prise en compte », c'est la suppression des CAPD, la gestion exclusive de nos carrières par notre autorité hiérarchique, sans contrôle de nos représentants du personnel. C'est la porte ouverte aux passe-droits, à l'arbitraire, et à toutes les pressions autoritaires dans une relation hiérarchique déséquilibrée dans la poursuite de PPCR.

Le Ministre Blanquer enfin, sans aucune honte, annonce "une revalorisation historique" , et ne semble pas craindre de passer pour un escroc. Alors qu'en est-il à ce sujet?

Nouvel écran de fumée et énième mascarade du ministre !

Les 700 millions annoncés par le ministre, se limitent à du saupoudrage :

  • 15€ par mois (180€/an) de participation à la complémentaire santé (qui entre-parenthèse depuis l'ordonnance du 18 janvier 2021 sera obligatoire et choisie par l'employeur à partir du 1er janvier 2022).

  • Une prime informatique de 150€/an brut destinée à faire travailler plus les enseignants, par le moyen du « distanciel », en déréglementant les horaires, et permettant à peine l’achat d'un demi-ordinateur.

  • Une revalorisation nette mensuelle moyenne de 40€ pour les échelons 2 à 7 (et pour les autres rien !).

  • Une prime de direction d'école de 37,50€/mois (450€/ an) !

  • La création de « Préau », un comité d'entreprise bidon, pour des prestations d'actions sociales toujours très largement inférieures à ce qui se pratique dans tous les autres Ministères.

  • Rien pour les AESH.

Au regard du nombre de personnels, cette enveloppe est largement insuffisante, 70% des personnels ne sont pas concernés, et il est prévu des primes au mérite, dans la logique PPCR :

- Le ministre a-t-il oublié les 600 millions rendus à Bercy et amputé sur le budget 2020 ?

- Le ministre a-t-il oublié que FO (rejoint par la FSU et la CGT) a claqué la porte des ateliers du Grenelle dès le début ?

- Le ministre a-t-il oublié les nombreuses suppressions de classes cette année ?

- Le ministre a-t-il oublié sa gestion chaotique de la crise sanitaire dans l’Éducation Nationale et l’état d’exaspération et de colère des personnels ?

Les enseignants ont perdu 20% de pouvoir d'achat en 20 ans!

Selon l'OCDE, le salaire statutaire des enseignants français du primaire et du secondaire est inférieur de 18% à la moyenne des pays OCDE.

Les annonces du ministre sont donc largement insuffisantes pour compenser la perte de pouvoir d’achat de ces dernières années, et la charge de travail supplémentaire imposée.

Le ministre annonce également des mesures relatives à la personnalisation des carrières, au statut des directeurs et à la protection des professeurs. Jean-Michel Blanquer met en avant la notion de personnalisation des parcours qui s’articule parfaitement avec PPCR ! C’est la même logique, et cette mécanique extrêmement bien huilée annonce, de fait, la fin de l’égalité de traitement des fonctionnaires de l’Éducation nationale. Elle fait sens également avec la loi Dussopt.

Une autorité hiérarchique pour les directeurs ? La proposition de loi portée par la députée Cécile Rilhac (LREM) propose de conférer un véritable statut aux directeurs et des responsabilités et des obligations supplémentaires dont l’évaluation de leurs collègues, ce que la grande majorité des collègues, et l’immense majorité de leurs organisations syndicales refusent !

Est-ce cela que le Ministre considère comme le développement de « l'esprit d'équipe » : des directeurs broyés entre le marteau et l'enclume, transformés en rouages soumis à ses directives?

Face aux problèmes de remplacement le Ministre annonce... une application, dans la logique de celle de la start-up Andjaro, permettant de géolocaliser les remplaçants disponibles ! On marche sur la tête.

Enfin le Ministre annonce un Ministère où les personnels seront mieux traités, mieux considérés : nous promettre la Lune et nous donner 3 allumettes, on se dit que c'est déjà mal parti...

Mais surtout, n'est ce pas un peu fort de prétendre mieux prendre en compte la santé des personnels et le « bien être au travail », quand il entérine la destruction des CHSCT pour 2022, tout comme la fin de l'obligation du recrutement de Médecins de Préventions ???

Toutes ces mesures ne feront pas mieux réussir les personnels. Mais le Ministre annonce que ces mesures permettront de mieux faire réussir les élèves : pourtant lesquelles de ces mesures permettront d'atteindre cet objectif ? Zéro pointé : AUCUNE !

Après les annonces du Ministre le constat exprimé lors de la CAPD du 6 mai reste le même :

« L’École Publique ne se porte guère mieux que notre système de soin : elle manque tout autant de moyens. Les personnels se désespèrent de l'état dans lequel a été mise l'Ecole.

Elle ne porte plus les espérances de la population pour sa jeunesse. Elle ne remplit plus les importantes missions qui lui sont confiées pour préparer un avenir meilleur au pays. »

Alors, un Grenelle et beaucoup de bruit pour rien ?

Non, la poudre aux yeux, l'alibi médiatique pour poursuivre

les contre-réformes et la destruction préméditée de l’École Publique !



Face à la fumisterie du Grenelle, le SNUDI-FO86 revendique :

-L’abandon du Grenelle

-L’Augmentation immédiate des salaires : 183€ comme les personnels hospitaliers pour tous maintenant sans contrepartie 

- L'ouverture immédiate de négociations pour rattraper nos 20 % de pouvoir d’achat perdu en 20 ans

-Le dégel du point d’indice

-La création de tous les postes statutaires nécessaires pour faire face à la situation

- L’abrogation du décret PPCR, de la loi Blanquer, de la loi Dussopt

- L’abandon de la proposition de loi Rilhac sur la direction d’école



cale




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