CAPD -DECLARATION FO : Crise sanitaire - Protocole - Remplacement - Tests salivaire - PPCR - Avancement accéléré - "Rendez-vous de carrière" et appréciations - Quotas H/F - Égalité salariale - Revalorisation du point d’indice -AESH
Publié; le 7 mai 2021 | snudi FO

DÉCLARATION FO A LA CAPD DE LA VIENNE :

CRISE SANITAIRE : UN SYSTÈME DE SANTÉ ET DES SERVICES PUBLICS MIS MINUTIEUSEMENT À GENOUX  

PPCR : "L'ÉGALITÉ SALARIALE HOMMES/FEMMES PASSE PAR LA DÉFENSE DU STATUT, LA REVALORISATION DU POINT D'INDICE ET LA CREATION D'EMPLOIS STATUTAIRES !"


Sommaire : 

Crise sanitaire - Protocole - Remplacement - Tests salivaire - PPCR - Avancement accéléré - "Rendez-vous de carrière"  et appréciations - Quotas Hommes/Femmes - Égalité salariale - Revalorisation du point d'indice - AESH


Le compte rendu de la CAPD "accélération de carrière" vous sera adressé prochainement.

Si vous êtes concerné par l'accélération de carrière à l'échelon 7 ou 9 contactez le syndicat pour connaître votre résultat.



Déclaration liminaire du SNUDI-FO86 

à la CAPD de la Vienne du 6 mai 2021

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,

CRISE SANITAIRE : UN SYSTÈME DE SANTÉ MIS MINUTIEUSEMENT À GENOUX

La crise sanitaire que traverse le pays, dans la pagaille, nous rappelle une évidence  : l'austérité et les coupes budgétaires opérées dans notre système de santé ne lui ont apporté aucune efficacité. Bien au contraire. Quand le virus fut venu, nous nous trouvâmes fort dépourvus !

Cette asphyxie de notre système de soin n'est pas le fruit d'une mauvaise gestion.

Au contraire, cette asphyxie a été soigneusement organisée et gérée par les gouvernements successifs afin de satisfaire les grandes orientations de politique économique négociées avec l'Union Européenne, dans l'objectif de le livrer à la concurrence « libre et non faussée ». Notre système de santé a donc été mis méticuleusement à genoux pour favoriser le marché, « les copains et les coquins », afin qu'ils viennent y faire des profits ! Peu importe les conséquences, pourvu que cela permette de se faire « un pognon de dingue »!

Partout en France, les populations et les agents de la fonction publique, avec leurs organisations syndicales, sont mobilisés pour exiger des moyens, pour défendre le bien commun contre nos élites, contre les ARS, et contre les voyous ! N'est ce pas cela le virus le plus dangereux ?

Depuis le début de cette crise sanitaire, le gouvernement poursuit sur la même voie, tentant même de mettre à profit l'état de sidération, dont il est grandement responsable, pour accélérer son agenda de destruction des services publics et des droits des travailleurs. «Vive la crise » comme disait Montand !


L'ÉCOLE PUBLIQUE VA MAL, SES PERSONNELS AUSSI !

L’École Publique ne se porte guère mieux que notre système de soin : elle manque tout autant de moyens. Les personnels se désespèrent de l'état dans lequel a été mise l'Ecole.

Elle ne porte plus les espérances de la population pour sa jeunesse. Elle ne remplit plus les importantes missions qui lui sont confiées pour préparer un avenir meilleur au pays.

Les Ministères successifs, sous prétexte de réformes et d'économies, ont tout fait pour mettre l’École au bord du gouffre, dans une situation chaque jour plus intenable, et qui nous explose au visage avec cette crise sanitaire.

D'ailleurs, force est de constater qu'aucun Inspecteur d'Académie n'a fermé ou fusionné plus d'école que vous dans notre département.

Nous ne reprendrons pas ici toute la liste des mesures d'économies budgétaires qui ont tant déterioré nos conditions de travail, mais seulement trois points :

  • Les personnels sont mal payés depuis des années : -20% de pouvoir d'achat en 20 ans ! Le recrutement se porte mal, les démissions se multiplient.

  • Les personnels ne sont pas formés, puisque de la formation il n'y en a plus ! C'est dire le mépris auquel nous devons faire face : nous former n'intéresse même pas notre employeur ! Et quand il en est question, il veut le faire sur les congés scolaires ! Honte à lui ! Quant à la réforme de la formation initiale pour les futurs PES, il est tout simplement impossible de parler de formation.

  • Tous les postes ne sont pas pourvus : des postes ont été créés sur le papier, mais les personnels nécessaires pour les occuper n'ont pas été recrutés ! Et c'est à ce titre, M. le Directeur Académique, qu'à des collègues, qui vous disent « je n'en peux plus, j'ai besoin de travailler à temps partiel, le métier est trop dur, je suis prêt(e) à gagner moins pour aller mieux », vous refusez qu'ils puissent aller mieux en n'acceptant pas leur demande de temps partiel.

Comme nous le revendiquons inlassablement, le vaccin pour sauver l'Ecole Publique existe : le ministère doit recruter immédiatement !

Mais au lieu de cela, aux directeurs et aux enseignants qui n'en peuvent plus, que propose-t-on ? Des réformes toujours pires que les précédentes, comme le projet de « fonction de directeur ». Honte à M. Blanquer qui sait pertinemment ce qu'il fait et jette de l'huile sur le feu !

Et pour cacher le problème sous le tapis, la solution est toute trouvée avec la suppression programmée des CHSCT !


PROTOCOLE : LA VIENNE AU DERNIER RANG EN TERME DE REMPLACEMENT

Plutôt que d’annoncer des moyens, d'annoncer le recrutement d’enseignants pour remplacer les personnels absents, le ministre indique dans son protocole que désormais, si un enseignant est absent et non remplacé, les élèves ne doivent pas être répartis dans les autres classes.

Cette mesure prise au nom du non brassage entraîne la multiplication des fermetures de classes, par effet domino ! Avec cette décision, le Ministre dresse les parents contre les enseignants, et en particulier contre les directeurs chargés de tenter d’appliquer cette mesure.

Cette décision est un facteur de déréglementation supplémentaire qui autorise tous les abus, en imposant une charge de travail supplémentaire aux directeurs qui doivent informer les familles, mais aussi en remettant en cause le droit syndical comme notre organisation a pu en faire tout récemment la malheureuse expérience !

Le Snudi-FO86 rappelle que c’est à l’Etat d’assurer l’obligation scolaire. Ce n’est ni aux directeurs ni aux collègues de prendre la responsabilité de signer un document interdisant l’accès de l’école à un élève. Cette mesure permet au Ministre de continuer à refuser de recruter !

Pour le SNUDI-FO, s’il est inadmissible que les collègues doivent accueillir les élèves des collègues absents faute de remplaçants, il est tout aussi inadmissible de renvoyer les élèves chez eux !

La situation est plus criante encore dans la Vienne : en 2012 le département assurait le meilleur taux de remplacement du pays. Moins de 10 ans plus tard nous sommes désormais à la dernière place, malgré la fermeture massive de classes, inégalée jusqu'alors.

Depuis des années le Snudi-FO86 alerte sur le sujet. Monsieur le Directeur Académique, pourquoi n'avons nous jamais été écoutés sur ce sujet ?

Le Snudi-FO86 demande un recrutement massif, et dans l'immédiat le recrutement de la liste complémentaire.



CAMPAGNE DE TESTS SALIVAIRES

La campagne de tests salivaires organisée dans les écoles pose inévitablement la question de l’état de la médecine scolaire et de ses effectifs dérisoires de personnels médicaux et paramédicaux de l’Éducation Nationale. Faut-il encore rappeler que ceux de la médecine de prévention sont même, tout simplement, inexistants ?

En effet, pour la FNEC-FP-FO, l’urgence est bien de recruter immédiatement et massivement des infirmières et des médecins de l’Éducation Nationale. De la même manière, dans les écoles sollicitées pour l’organisation du dépistage, les directeurs se retrouvent à gérer cette campagne. Ils doivent imprimer les formulaires, organiser leur distribution, les récupérer, les envoyer aux laboratoires, établir et compléter un tableau Excel avec les renseignements des familles, organiser les prélèvements... et ce dans un temps contraint, voire pour certains, tous les quinze jours ! Toutes ces tâches représentent une surcharge de travail non négligeable qui ne relève pourtant pas de leurs attributions.

La charge de travail doit être immédiatement réduite.

Le travail supplémentaire, fourni par nos collègues depuis des années et notamment cette dernière année, doit être reconnu par une revalorisation salariale sans précédent.


AVANCEMENT ACCÉLÉRÉ : NON A PPCR, NON À L'ARBITRAIRE !

L’avancement est à l’ordre du jour de cette CAPD. Le SNUDI-FO86 regrette que cette CAPD soit l’une des dernières et rappelle son opposition totale à la disparition du paritarisme (lire ici).

Le SNUDI-FO rappelle son opposition originelle à PPCR (lire ici), source d’arbitraire et de division entre les personnels, à l’origine de la dégradation de la situation en matière de déroulement de carrière.

Comme nous le craignions lors de la mise en place de PPCR, l'appréciation du « Rendez-vous de carrière» repose sur des critères totalement subjectifs, et par ailleurs est parfois utilisée pour menacer ou régler des comptes, pour écraser des oppositions aux fusions et fermetures d'écoles par exemple, pour s’assurer du silence des agents et leur docilité.


AVANCEMENT ACCÉLÉRÉ : NON AUX QUOTAS, OUI AU STATUT !

Le ministère exige que le ratio hommes/femmes entre les promouvables et les promus soit strictement respecté : il tente de se donner le beau rôle, et pour pas un rond !

FO est pour la vraie égalité, sans distinction de sexe, de race ou de religion.

Le système antérieur à PPCR garantissait l'égalité de traitement dans l'avancement.

Le SNUDI-FO86 refuse que le sexe des enseignants soit un critère « objectif » pour l’avancement ! Cela reviendrait à établir une distinction, donc à établir des quotas.

La mise en place d’un mécanisme de compensation, basé sur des données statistiques imprécises, ne réglera rien, mais ouvrira la porte à de nombreuses contestations et de nombreux mécontentements, puisque suivant les cas, des hommes et des femmes seront lésés, du fait de leur sexe. Nous rappelons que c’est le statut général qui doit garantir l’égalité hommes/femmes.

Le Snudi-FO86 demande qu'il soit mis fin aux quotas hommes/femmes au moment des promotions et changements d'échelon.

Le SNUDI-FO86 demande que les promotions concernant le changement d’échelon soient fondées uniquement sur l’AGS (Ancienneté Générale de Service) pour le déroulement de carrière de chaque personnel.


L'ÉGALITÉ SALARIALE HOMMES/FEMMES PASSE PAR LA DÉFENSE DU STATUT, LA REVALORISATION DU POINT D'INDICE ET LA CREATION D'EMPLOIS STATUTAIRES !

La question des écarts de carrière entre les hommes et les femmes est majeure. Les causes doivent en être clairement identifiées et combattues par des mesures précises permettant aux femmes de ne pas être lésées dans leur déroulement de carrière. Notamment en ce qui concerne les professeurs des écoles, par exemple, par la prise en compte intégrale des périodes de congé parental pour l’avancement, et le maintien de toutes les primes et indemnités (REP/REP+, direction, ISSR,...) durant le congé maternité.

Nous observons qu'il n'a jamais été autant question d'égalité hommes/femmes ou femmes/hommes dans les déclarations d'intention. Pour autant nous observons que tout ce qui peut participer à la promotion de cette égalité, et à la promotion de l'égalité en général, est attaqué. Entre autres :

  • Dans la fonction publique, par le remise en cause de l'existence des CAPD qui avaient été mises en place pour justement garantir l'égalité entre les agents (quel que soit leur sexe), et qui sont remplacées par l'arbitraire et le clientélisme (postes à profil pour le mouvement par exemple).

  • Dans l'instruction, avec la poursuite des politiques d'austérité appliquées à l'école, aux collèges et aux lycées : les réformes successives et le manque de moyens portent préjudice, en premier lieu, aux plus fragiles.

  • La suppression de nombreux postes de conseillers d'orientation renforce la méconnaissance du monde du travail, réduit la possibilité de poursuite d'études ou la recherche d'un emploi dans un secteur extérieur à celui de la zone de connaissance du milieu socio-professionnel des parents. Sans parler du système opaque de Parcoursup' qui défavorise les élèves issus des familles les plus défavorisées, les plus déconnectées et les moins insérées socialement.

En dehors de faire de « l'affichage », que fait l’Éducation Nationale concrètement, aujourd'hui, pour promouvoir, réellement, l'égalité dans ses différentes dimensions?

L'INSEE établit pour 2020 que le salaire mensuel moyen des femmes est 16,8% inférieur à celui des hommes.

L'étude établit qu'à compétences et poste égaux le salaire des femmes est en moyenne 3% inférieur. Notamment du fait de la perte des primes liées à la maternité dont nous avons déjà parlé plus haut.

Par contre l'étude reprend le constat que les emplois fortement féminisés (métiers de la santé, du social, de l’éducation, de l'aide à la personne, etc) sont aussi les moins bien payés, ce qui explique la plus grande part de l'écart salarial moyen hommes/femmes, un peu plus de 13%.

Plusieurs études constatent également que ce sont ces catégories d'emplois qui ont le moins bénéficié de revalorisation salariale ces 20 dernières années, et dont, logiquement, le pouvoir d'achat a très fortement chuté.

Ce sont également les emplois dont le statut des personnels a été le plus remis en cause et le plus précarisé, à coup de contre-réformes successives, et donc, dont les conditions de travail se sont le plus durcies au cours des deux dernières décennies, victimes des politiques d'austérité, de désengagement de l'Etat et de décentralisation (notamment dans le social) .

Le Snudi-FO86 répond donc au Ministre et au gouvernement, que le meilleur moyen pour faire progresser réellement la cause de l'égalité salariale hommes/femmes c'est en redonnant à l'Ecole les moyens de faire réussir tous les élèves sans distinction de sexe, de race, de religion ou de territoire.

Le Snudi-FO86 répond également au Ministre et au gouvernement, que le meilleur moyen pour faire progresser rapidement la cause de l'égalité salariale hommes/femmes c'est en revalorisant les salaires dans les emplois les plus féminisés, en commençant par l'Education Nationale et l'ensemble de la Fonction Publique : nous pensons aux enseignants, mais également aux personnels des catégories B et C. Le point d'indice doit être revalorisé d'urgence ! Les agents contractuels de la Fonction Publique, et notamment les AESH, qui sont à une très forte majorité des femmes, doivent être titularisés sur des emplois statutaires. L'Etat doit montrer l'exemple : le Président et son gouvernement doivent cesser de penser que nous nous nourrissons de leurs faux discours !

Ils doivent cesser de palabrer, et agir enfin, pour que ça se voit sur les comptes en banque à la fin du mois !

Nous ne pouvons pas non plus finir ce chapitre sans vous indiquer notre profond dégoût concernant le décision qui a été prise par le Ministère d'annuler la nouvelle grille de salaire académique pour les AESH ! Quel traitement honteux de ces personnels !

Je vous remercie de votre écoute.

Vos représentants Snudi-FO86 à la CAPD de la Vienne : Fabien Vasselin, Virginie Richard



cale




SPIP 3.2.1 [23954] habillé par le Snudi Fo