Grève du 26 - synthèse du Grenelle Blanquer : le pire est à craindre
Publié; le 28 janvier 2021 | snudi FO

à lire en pj : déclaration FNEC-FP-FO 86 de fin de manifestation / communiqué FNEC-FP-FO grève du 26 janvier / communiqué FNEC-FP-FO synthèse du Grenelle

26 janvier : la jeunesse et les personnels, par milliers, en grève et dans la rue pour leurs revendications ! Une colère manifeste, le ministre maintient le cap du mépris !


En dépit d'une mobilisation nationale massivement suivie ce mardi 26 janvier, à laquelle ont participé quelques 600 collègues de la Vienne, dont une centaine d'étudiants, et sans compter les personnels grévistes qui n'ont pas pu rejoindre les cortèges, le ministre détourne le regard et continue de mépriser les personnels, en maintenant le cap de ses contre-réformes !


Toutes les catégories de personnels de l’Education Nationale et du Supérieur ont manifesté pour exiger :
- Le recrutement massif et immédiat de personnels, l’annulation des suppressions de postes annoncées pour la prochaine rentrée !
- 183€ mensuels pour tous les personnels et le rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis 20 ans !
- Le retrait des contre-réformes des ministres Blanquer et Vidal !
- Le rétablissement d’un baccalauréat national !
- Un vrai statut, un vrai salaire pour les AED et les AESH, abrogation des PIAL ! - l’abandon du projet de loi 4D qui prévoit le transfert de la santé scolaire aux collectivités !


Ils ont été rejoints par les étudiants, venus massivement dans les cortèges réclamer la réouverture totale des universités et le rétablissement des cours en présentiel. La FNEC FP-FO soutient pleinement cette revendication.


La FNEC-FP-FO 86 a pris toute sa place dans cette grève et appelle à continuer la mobilisation dans les établissements, en prenant appui notamment sur la déclaration lue en fin de cortège devant le rectorat de la Vienne (lire en PJ), en participant aux Réunions d'Informations Syndicales, en discutant entre collègues : l'arbitraire, la précarisation, la maltraitance seront accentués par les réformes que Blanquer impose en passant en force, en dépit des voix majoritairement contre qui s'expriment, dans les écoles, les établissements du secondaire, les universités et les instances.


Les réponses du Ministre sont inacceptables !
Une délégation intersyndicale a été reçue au ministère à l’issue de la manifestation. Aux revendications, les représentants de la DGRH et de la DGESCO répondent par la mise en place d’un « réseau de correspondants continuité pédagogique. » Ils ajoutent que les personnels seront «accompagnés avec le Grenelle» qui a initié « une réflexion sur la revalorisation et la requalification des métiers. » En clair, le ministère se moque du monde et annonce de manière à peine voilée qu’il compte poursuivre ses contre-réformes.


La FNEC-FP-FO a renouvelé son préavis de grève pour couvrir toutes les situations.



Synthèse du « Grenelle » de Blanquer : territorialisation, autonomie, déréglementation, ça suffit !

Le ministère de l’Education nationale a publié la synthèse des « ateliers du Grenelle de l'Éducation ». 

https://www.education.gouv.fr/grenelle-de-l-education-syntheses-des-ateliers-309067


La FNEC FP-FO a considéré dès le départ que le cadre fixé par le ministre dans ces ateliers (tables rondes d’« experts » auto-proclamés, présence de la « société civile »…) ne permettait pas de représenter les personnels dans des conditions acceptables. 


C’est pourquoi la FNEC FP-FO a décidé de ne pas participer à cette mascarade. 

D’autres organisations (CGT et FSU) sont arrivées à la même conclusion et ont quitté les ateliers du Grenelle.

La FNEC FP-FO a en revanche participé à des audiences et instances pour porter les revendications de notre fédération et a rendu compte régulièrement des discussions.
Cette synthèse des « ateliers » confirme totalement les orientations ministérielles que nous n’avons cessé de dénoncer et combattre. 


Les maîtres mots sont territorialisation, autonomie, déréglementation. L’ensemble des réformes mises en place par le ministre obéissent à cette même logique :

 
- Réforme du lycée et casse du baccalauréat qui substitue un bac local en contrôle continu au bac national avec examen terminal, ponctuel et anonyme qui garantit la valeur nationale de ce premier grade universitaire ;


- Réforme des concours enseignants qui introduit massivement une contractualisation imposée de fait aux candidats ;


- Loi 4D de transfert de la santé scolaire aux collectivités
territoriales ;


- Réforme de
l’Education prioritaire qui vise à substituer des contrats locaux d’accompagnement à une labellisation créant des droits nationaux (indemnités, effectifs…)


Remettre en cause le statut et les garanties collectives nationales
Dès les premières lignes de la synthèse, on peut lire : « L’importance du champ réglementaire et la verticalité de l’organisation ont longtemps été un obstacle à l’autonomie de l’établissement dans le système éducatif français. L’établissement est un lieu où l’on applique des règles mais il doit être aussi un lieu qui produit ses propres règles. »


Recrutement local et expérimentation
« L’article 34 de la loi de 2005 qui permet les pratiques dérogatoires au code de l’éducation mérite d’être complété. (…) Possibilité d’un recrutement hors mouvement dans la limite de 25 % des postes par le chef d’établissement pour les établissements en éducation prioritaire (Rep+). Pour des établissements hors Rep+, il faudrait s’appuyer sur l’article 34 ou sur des appels à projets spécifiques. »


La rémunération des chefs d’établissement « au mérite »
« Il importe aussi de revoir le mode de rémunération des chefs d’établissement, aujourd’hui fondé sur la taille des établissements, pour permettre à des dynamiques collectives de se développer et de s’enraciner autour du Projet d’autonomie et de réussite. »

Un statut pour les directeurs d’école qui évaluent leurs collègues
« Création d’un statut fonctionnel pour les directeurs d'école afin de favoriser l'autonomie et en tirer toute conséquence sur le statut juridique de l’actuelle école, les décharges et les rémunérations.
La directrice d’école ou le directeur d’école serait associé à l’évaluation dans le PPCR avec l’IEN sur les aspects administratifs, organisationnels et fonctionnels. »


Renforcer l’accompagnement PPCR comme outil de flicage permanent
« Réviser le PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations) : Il ne valorise pas l’ensemble de toute la carrière, par son caractère rare et ponctuel. (…) Concilier l’évaluation dans le PPCR et l’accompagnement, car le PPCR est actuellement centré sur la promotion. »

Pilotage par l’évaluation et obligation de résultat
« Il est donc proposé de remplacer dès l’année scolaire 2021-2022 le projet d’établissement par le Projet (ou Plan) d’autonomie et de réussite d’établissement (PARE). Il doit être l’expression de la responsabilité de l’EPLE. D’une durée de 5 ans et calé sur le dispositif d’évaluation, il se déclinera annuellement sous la forme d’un Plan annuel et collectif d’action. Un Document d’Objectifs (DOCOB) d’une durée de 5 ans sera adressé par la tutelle (l’académie), et la collectivité le cas échéant, à l’établissement précisant la feuille de route à observer. Le PARE et le DOCOB constitueront donc les deux piliers du contrat académie-établissement. »


Vers un management local de type privé
La liste des attaques statutaires est trop longue pour être exhaustive. On pourrait citer encore la fusion des corps d’inspections en un corps unique d’« inspecteurs territoriaux », les dérogations permanentes aux statuts comme les propositions de lettres de missions pour que des enseignants assument des fonctions d’inspection ou de chefs d’établissement, la mise en place de « RH de proximité » véritable DRH comme dans le privé…


Tous ces dispositifs s’articulent dans un seul but : atomiser le statut national et avancer de manière décisive vers un management local de type privé.


La stagiairisation à vie, la carrière au mérite, l'ingérence des mairies, les droits à la carte : POUR FO C'EST NON !


Se regrouper pour faire valoir nos revendications
Face à toutes ces attaques, alors que le ministre et le gouvernement utilisent largement la crise sanitaire pour tenter d’étouffer les revendications, les personnels se sont dressés le 26 janvier par milliers.


La FNEC FP-FO appelle à poursuivre la mobilisation, à amplifier ce mouvement en participant largement aux réunions syndicales et organiser ensemble toutes les initiatives pour faire valoir nos revendications :
- Non au Grenelle et aux contre-réformes destructrices du ministre Blanquer, pour la défense de notre statut national garant de l’égalité de traitement de nos élèves !
- Pour les créations immédiates des postes nécessaires !
- Pour l’augmentation des salaires : ouverture de négociations pour l’augmentation de 20 % de la valeur du point d’indice ; 183 € net mensuel d’augmentation indiciaire pour tous immédiatement comme les personnels hospitaliers et sans contrepartie !


PLUS QUE JAMAIS, REGROUPONS-NOUS POUR CONSTRUIRE LA DÉFENSE DE NOS DROITS DANS LE SEUL SYNDICAT LIBRE ET INDÉPENDANT ! ADHEREZ, RE-ADHEREZ AU SNUDI-FO ! 



Pour le bureau du SNUDI-FO 86

Julien Marmisse


cale




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intervention FNEC-FP-FO86 manif du 26 janvier
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