Audience PES à l’INSPE
Publié; le 12 janvier 2021, mis à jour le 14 janvier 2021 | snudi FO

PES AUDIENCE INSPE

11 DECEMBRE 2020

COMPTE-RENDU



Une délégation du Snudi-FO86 a été reçue par la direction de l'INSPE de Poitiers pour porter vos questions, demandes et revendications.

Vous avez été nombreux à nous adresser des mails afin de nous aider à préparer cette audience : nous vous en remercions.

Nous avons pu aborder tous les points que vous nous avez remontés, vous trouverez ci-dessous les réponses que nous avons obtenues.

Nous avons une audience prévue prochainement avec le DASEN et nous porterons à sa connaissance les difficultés que vous rencontrez.



Si on devait faire un commentaire...

Le ministère prépare sa réforme des stagiaires avec la même méthode que celle qu'il utilise pour avancer sur le statut de directeur : on maltraite, on épuise, on accable, afin d'imposer l'idée que n'importe quelle réforme vaut mieux que le statu quo.

L'INSPE, à sa manière, y participe en préparant les stagiaires à accepter des conditions de travail de plus en plus dégradées. Et la suppression du concours de recrutement pour aller vers la contractualisation du recrutement.



Les organisations syndicales du département sont d'ailleurs invitées à un Groupe de Travail académique, sur la future formation initiale des enseignants, courant janvier.



DYSFONCTIONNEMENTS, EMPLOIS DU TEMPS

FO : Les stagiaires déplorent une désorganisation de leur formation. Cela n'est pas nouveau ni spécifique à cette année « Covid », nous étions déjà venus pour signaler les soucis d'emploi du temps, et vous nous aviez indiqué une volonté de progresser. De plus, certaines demandes faites par des formateurs à des stagiaires sont des demandes inadmissibles ! Cela rend l'année de stage particulièrement difficile : nous craignons des démissions, nous craignons pour la santé des personnels. Nous sommes inquiets car ce n'est pas la meilleure manière de commencer dans le métier.

INSPE : L’INSPE doit faire avec les disponibilités des intervenants, certains séminaristes ou profs de fac ayant des emplois du temps très contraignants, en plus des soucis de logistiques de salles, puisque nos salles ne sont pas exclusivement réservées aux PES.

Le double statut étudiant-fonctionnaire est compliqué à gérer pour l’INSPE qui se retrouve à mi-chemin entre le rectorat (ou même le ministère) et l’université de Poitiers.

Le ministère de l’Education Nationale transmet les nouvelles informations quant aux modalités d’évaluation des stagiaires à l'INSPE au jour le jour. De nouvelles demandes descendent du ministère régulièrement.

Commentaire FO : Ce manque d’anticipation est voulu. En effet, le ministre prévoit une nouvelle réforme pour la rentrée 2022. Afin de rendre cette nouvelle réforme indispensable, le Ministère détruit méthodiquement l’organisation actuelle. Si nous sommes bien d'accord pour dénoncer la masterisation du concours, du recrutement et de la formation, et la destruction méthodique de l'INSPE pour mieux détruire le statut de professeur des écoles et accélérer sur la contractualisation, nous ne pouvons nous satisfaire de réponses qui mettent complètement de côté les responsabilités et initiatives locales.

Comme vous pourrez le lire ci-dessous, le manque de moyens et la désorganisation causée par le Ministre, qui sont bien réels, sont des prétextes tout trouvés pour se laver les mains de nombreux problèmes !



ORAUX DU CRPE 2020 ANNULES.... PUIS REPORTES 

FO : les oraux du CRPE 2020, que les PES n'ont pas pu passer en raison du confinement, sont reportés à la fin de l'année de stage. Nous en demandons l'abandon. L'année de stage est déjà assez dense (lire ici).

INSPE : En effet. Aucune information sur les dates, les modalités de passation ni sur les contenus auxquels préparer les stagiaires. 

Seule certitude : ils peuvent être invalidants, c'est à dire qu'en cas d'échec, les PES perdent le bénéfice du CRPE. 

Commentaire FO : Alors que le département est déficitaire en PE au point de recruter de nombreux contractuels et de faire venir des remplaçants des Deux-Sèvres, le Ministre impose de nouveaux barrages à la titularisation et une nouvelle étape de sélection. Et pourquoi pas « l'épreuve des poteaux » ?!

FO continue d'intervenir pour revendiquer l'abandon de cet oral.

> signez, faites signer la pétition.



EMPLOIS DU TEMPS

- Trop chargé ? La réponse est que si les P5 et P7 peuvent avoir quelques allègements, pour les P4 et P6, il est normal que les emplois du temps soient chargés. Que ces stagiaires soient surpris de la charge est normal nous dit Mme Otero, ceux qui n'ont pas déjà mis le pied dans les dispositifs de formation, via une année de M1 découvrent la charge demandée, et c'est normal qu'ils s'en étonnent.

FO : Nous rappelons notre demande que la formation soit un temps de mise en route constructive et sereine, pas une torsion ingérable de la vie professionnelle avec empiétement sur la vie privée, et que le système de formation 50% en responsabilité en classe 50% en formation est inadapté, sauf à faire du travail dissimulé, ce qui sera aggravé par la réforme de la formation initiale que le ministre s'apprête à lancer.



- Des changements de dernière minute ? En effet, l'INSPE se dit tributaire de questions d'organisations internes sur lesquelles il n'est pas toujours possible de faire autrement.

FO demande qu'aucune sanction ne soit retenue contre les PES mis en impossibilité de répondre à des convocations au pied levé.



- Encore des cours le mercredi après-midi ? Mme Otero explique avoir pris en compte ce problème déjà signalé l'année dernière par FO et n'avoir placé ces cours qu'après 14h, ce qui permet aussi de revenir de l'école vers l'INSPE en ayant le temps de manger. Répondant à une obligation de placer des séminaires de recherche, c'est l'occasion (6 fois par semestre) de réunir les binômes de PES. Ces cours s'arrêtent à 16h ce qui laisse 2 heures sur site pour se retrouver en binôme et travailler ensemble sur site INSPE.

La demande de libérer le dernier mercredi avant les vacances a été refusée, le volume horaire des séminaires ne permet pas de déplacer les cours du mercredi après-midi.

FO précise que la journée du mercredi devient donc une 5e journée harassante, dont la vocation est déviée (avoir du temps avec son binôme pour organiser la pratique de classe) puisque : classe le matin, urgence repas/déplacement entre 12h et 14h, séminaire jusqu'à 16h puis 2h de travail en binôme ! La demande est d'avoir l'après-midi de libre pour le travail avec son binôme exclusivement.



- Pas assez de temps entre les cours présentiel/distanciel pour se déplacer et être à l'heure ? Mme Otero répond que ce problème a été traité, et qu'une 1/2 h de battement a été installée pour permettre le déplacement. Elle précise que les salles informatiques de l'INSPE sont réservées pour pouvoir suivre le distanciel sans avoir à se déplacer. Elle explique aussi que les PES, souvent, préfèrent rentrer chez eux pour le distanciel, ce qui cause des complications à tenir les délais. Elle ajoute que toute demande de prise en compte des problématiques à tenir les délais est reçue avec bienveillance et gérée au cas par cas.

C'est la demande que FO a portée : en cas de problèmes d'organisation, pas de sanction.



- La répartition des cours sur la semaine paraît trop dense certaines semaines et complètement allégée sur d'autres. Possibilité de lisser et répartir mieux ? Non, c'est la contrainte de disponibilité des salles, que l'INSPE partage pour d'autres temps de formation que ceux des seuls PES.



- Choix des options 1er inscrit 1er servi, alors que certains ne reçoivent même pas les mails pour s'inscrire ? La directrice de l'INSPE répond que d'une part le souci des mails a été signalé et résolu, et d'autre part, les PES ont été prévenus qu'il faudrait être réactifs sur ces inscriptions.

FO déplore qu'un traitement égalitaire ne soit pas prévu pour un enjeu aussi important que la formation initiale. L'arbitraire s'immisce donc dès les 1ères heures d'entrée dans le métier, ce qui contribue, comme avec la suppression des CAPD, à faire perdre aux fonctionnaires la garantie d'un traitement équitable des enjeux de carrière. Le Moyen-Âge, normalement, on en était sorti...



- Pas de cours de mathématiques ? Si, tous les PES ont cette discipline à leur emploi du temps. Mais un formateur a été absent, et il est plus que difficile de trouver un remplaçant habilité à enseigner la didactique des mathématiques.

FO constate que le manque de moyens humains frappe aussi la formation initiale, mettant en difficulté des professionnels qui auront des carences sur des domaines aussi importants que les maths. Inadmissible.



- Pas de cours de sciences ou d'histoire géo, ou d'EMC pour certains ? C'est normal, explique la directrice de l'INSPE, selon les choix optionnels des PES au moment du CRPE sur l'un de ces 3 domaines, on ne revient pas dessus dans la formation lors de l'année de stage, et les PES se voient proposer des contenus de formation concernant les 2 domaines encore non abordés, un domaine lors du premier semestre et le second lors du deuxième semestre. 



-Pouvoir accéder à son emploi du temps par un lien direct sans avoir à choisir son groupe puis ses options ? Mme Otero explique que c'est possible en configurant l'accès et que cette manip' a été expliquée aux stagiaires.

-Des temps de formation hors département et non défrayés ? Les PES ne peuvent prétendre aux défraiements, en tant qu'universitaires, sur leur temps de formation.



EXAMENS, ORAUX, DOSSIERS,

EVALUATIONS SUR TABLE ….

SURCHARGE DE TRAVAIL PAS TOUJOURS UTILE

- Trop à rendre sur des temps trop courts ? 1 dossier, 1 autre pour le mémoire, 2 devoirs maison, avant le 4 janvier minuit, et 1 oral à préparer pour les 2 premières semaines de janvier ? Mme Otero explique que les 2 dossiers ont été annoncés très tôt. Elle indique que des items d'évaluation obligatoire ont été basculés vers des modalités d'évaluation différentes (à la maison en temps contraint, au lieu de sur table) en raison des contraintes liées à la crise sanitaire. Elle dit aussi qu'en raison des nombreux groupes de PES à parcours différents, les attendus ne sont pas les mêmes selon les parcours, les organisations sont différenciées, et qu'il est donc normal que les examens ne soient pas harmonisés.



- Des attendus sur les évaluations livrés au compte-goutte, savoir sur quoi on est évalué relève d'une chasse au trésor avec des indices saupoudrés ? Mme Otero nous dit que des coefficients seront ajustés encore, et que cette question a été traitée et expliquée. Il y aura anticipation de ce besoin pour le 2nd semestre. Elle a pris en compte ce problème et a modifié le pdf du site qui donne le cadrage des examens. Les PES en ont été informés.



- Les dates d'information (pour les disciplines concernées pour les exam de fin de semestre) ne sont pas respectées ? Oui, elle explique qu'un décalage d'1 semaine a eu lieu en raison des difficultés à constituer les groupes, et que donc ces informations ont été transmises après les vacances d'automne.



Commentaire FO : FO demande la suppression de toutes les épreuves « et machins » qui n'ont aucune finalité de formation, sauf celle de fliquer le travail des stagiaires en les considérant comme une bande de « tire au flanc ». Cette méthode de formation par le stress et la surcharge de travail est inacceptable quel que soit le centre de formation.

Il appartient à la direction de l'INSPE de siffler la fin de l'empilement d'injonctions. Injonctions qu'il empile par-dessus celles des IEN etc.

Au final, comme tous les ans, les PES en font les frais. Cette année c'est pire encore, puisque l'INSPE les prive du droit au repos sur la période des fêtes de fin d'année, alors que leur épuisement est aussi conséquent que pour tous les autres personnels.



RAPPORTS PES / ENSEIGNANTS INSPE

- Pas de réponse aux mails adressés à la direction ? Mme Otero s'étonne, puisqu'elle prend sur ses nuits, nous dit-elle, pour donner suite à tous les mails.



- Propos déplacés des formateurs, insinuations et jugements de valeur, réponses déplacées : des remarques quant à la garde d'enfant, quant au fait de n'avoir pas de voiture ? Comportements tyranniques ? Attitudes méprisantes ? Mme Otero nous dit que certains formateurs peuvent être un peu brusques dans leur communication et que si certains PES prennent le recul pour encaisser, pour d'autres c'est en effet violent. Elle dit avoir déjà fait un point avec ses collègues sur ce problème et rappelle qu'elle n'est pas leur supérieur hiérarchique. Inquiète de cette remontée, elle transmettra à nouveau l'information et la demande de bienveillance dans les propos.

FO constate que les RPS (Risques Psycho-Sociaux) au travail font l'objet de plus en plus de signalement au CHSCT, que des titulaires chevronnés en subissent des effets dévastateurs et qu'il ne peut être accepté que ce problème persiste, pas plus à l'INSPE qu'ailleurs.



- Désaccord entre les consignes et les attendus lors des visites en classes des tuteurs du rectorat/formateurs de l'INSPE ? Mme Otero est surprise car ce point avait déjà été retravaillé en lien avec l'IEN-A du rectorat, M. Artaud. Elle découvre que le schisme est encore signalé et elle reviendra vers l'IEN-A pour revoir ce problème.



- Problèmes pour se déplacer ? Mme Otero indique qu'à chaque fois que c'est porté à sa connaissance, les stagiaires sont excusés 



- Problèmes de garde d'enfants ? Même réponse. 



- Des rapports qui arrivent en retard ? Encore pour la raison de l'impact de la crise sanitaire envers certains formateurs, elle explique que la demande de tenir les délais sera relayée mais que pour certains, la situation sanitaire impose des contraintes d'organisation personnelle qui peuvent court-circuiter les envois de rapports.



PARCOURS P5 

- Les journées thématiques, alors que le master est déjà validé, alourdissent la charge de travail et imposent des déplacements vers d'autres départements ? Pour les P5, Mme Otero indique avoir allégé déjà au maximum les contenus de formation imposés. Les journées thématiques permettent d'avoir accès à des contenus non présentés ailleurs. Elle indique qu'avant le confinement ces journées pouvaient avoir lieu sur d'autres sites de l'académie, car ils réunissent des étudiants pas seulement PES des 4 départements. Depuis octobre tout se passe en distanciel.



CONDITIONS SANITAIRES

- Pas de place à l'INSPE pour travailler en binôme ? Si, les salles sont disponibles et réservées dès que possible



-Des cours d'EPS où il faut se donner la main pour faire des rondes ? Surprise Mme Otero nous dit que cela n'est pas envisageable et s'en étonne. Elle refera passer la consigne de respect des gestes barrières.



Des questions ? Des remarques ?

Vous constatez au travers de ce compte rendu que des problèmes signalés persistent ?

Contactez vos représentants FO sans hésiter.



cale




SPIP 3.2.1 [23954] habillé par le Snudi Fo