CHSCT-D du 5-11 des conditions de re-Crise déplorables : FO dénonce l’aggravation généralisée des risques
Publié; le 6 novembre 2020 | snudi FO

CHSCT-D du 5 novembre 2020 (mi-présentiel et mi-visio)  


LES CONDITIONS DE REPRISE (RE-CRISE ?) SONT DÉPLORABLES !

La maltraitance et la non protection des personnels, ça suffit ! 

FO met l'administration devant ses responsabilités !


Alors que ce CHSCT-D du 5-11 ne devait traiter à l'odj que la question des conditions de reprise au 2 novembre, FO fait rajouter en urgence la situation à risques graves d'une école de la Vienne, et qui justifie l'octroi immédiat de la protection fonctionnelle (article 11) pour tous les collègues.


Dans cette instance, FO seule lit une déclaration liminaire (ci-dessous) dans laquelle elle dénonce officiellement, comme tout au long de l'instance, et sur la base de RSST en nombre incessamment croissant depuis le 2 novembre :


Déclaration FNEC-FP FO CHSCT-D 05.11.2020


- l'épuisement des collègues et la mise en oeuvre de cet épuisement par une gestion ministérielle déplorable

- les violations de droits à la déconnexion, au repos, à la liberté pédagogique, à la liberté d'expression

- l'auto-satisfecit permanent sur la gestion de crise

- le refus de laisser une journée OFF le 2 novembre pour permettre aux équipes de préparer la reprise dans de meilleures conditions

- l'incohérence de la préparation de la rentrée et des consignes changeant trop souvent

- la transmission des consignes par le biais de BFM-TV seulement

- la charge de travail imposée sur le temps de déconnexion indispensable durant ces vacances passées et les week-ends en général

- la pénurie de moyens humains ou organisationnels pour gérer la crise sanitaire dans les établissements et permettre des dédoublements sans mettre le distanciel en place

- le protocole n'a rien d'un protocole de protection des personnels, tout comme les masques fournis aux agents

- les organisations des groupes d'élèves par le périscolaire imposées aux PE

- la gestion des brassages d'élèves dans les collèges/lycées

- la protection des personnels n'est toujours pas la priorité absolue

- les conditions de l'hommage à Samuel Paty le 2 novembre, en privant les enseignants de leur liberté pédagogique, en imposant une lettre à lire complètement inadaptée au public dans certains établissements, et tronquée de certains passages, 

- le non respect du décret de 82 donnant les règles de prévention et de fonctionnement des CHSCT systématiquement contournées, comme pour le CHSCT-D du 78 qui n'a toujours pas été mandaté pour faire l'enquête CHSCT sur les conditions de gestion préventive du drame des Yvelines

- la non surveillance des réseaux sociaux comme demandé en CHSCT de juin dans la Vienne suite à des publications honteusement diffamantes envers des professeurs ou des PE de la Vienne sur des réseaux sociaux, sans que rien ne soit fait pour les protéger

- la décision de la Rectrice qui passe en force par dessus la décision du conseil de discipline pour les 4 collègues de Melle : le conseil, après vote des membres, avait abouti sur la levée de toutes les sanctions. La Rectrice décide seule, 3 semaines plus tard, de les maintenir ! 

- l'absence de médecine de prévention dans l'académie



POURQUOI FO DÉNONCE DES CONDITIONS DE RE-CRISE ?

extrait déclaration liminaire : 

"Le nouveau protocole est une blague, rien n’est obligatoire, il est effectivement impossible de faire autrement puisque aucun moyen supplémentaire n’a été apporté dans une Education Nationale déjà exsangue. Mais les personnels réagissent, scandalisés. Il n’y a pas d’unité nationale, il n’y a pas de dialogue social, c’est impossible quand, dans cette semaine déjà insupportable, la Rectrice annonce les Lignes Directrices de Gestion et la condamnation des 4 de Melle. Monsieur le Président [du CHSCT-D = le DASEN], nous sommes en état de légitime défense."


Bien que FO a enfin été entendue sur la demande que des consignes claires et uniformisées soient livrées aux directeurs d'école, à travers le courrier du DASEN sur la marche à suivre quand des élèves refusent de porter le masque à l'école, le constat d'une situation de crise aggravée s'impose à de nombreux égards :


La crise du remplacement (1er degré)

Il manque des personnels dans le vivier de PE du 86. 


FO revendique depuis les derniers CTSD 86 que le recrutement soit opéré sur la Liste Complémentaire et que celle-ci soit ré-abondée si besoin

Pour FO cette condition seule permettra de faire face à la pénurie de remplaçants toujours plus importante dans la Vienne pour le 1er degré.

Le DASEN refuse, indiquant n'avoir pas les moyens financiers de le faire. 

Notre employeur préfère donc la répartition des élèves dans les autres classes de l'école, avec brassage non protocolaire, que d'investir pour se donner les moyens de faire face. Faites le savoir !


La crise locale des établissements et écoles

Pour les contraintes d'espaces en collèges et lycées, le DASEN justifie l'absence de cadrage uniformisé, et la souplesse du protocole, par les particularités des établissements. Il indique que l'application du protocole dans certains établissements provoque des défauts de surveillance ici, ailleurs une pénurie d'enseignants car trop sont en télétravail ou en ASA.

Pour les écoles, même refrain, autorisant les conseils d'écoles extraordinaires à se réunir pour modifier en urgence les horaires des services de cantine par exemple (lire ici le journal spécial conseil d'école). C'est la méthode du "au cas par cas". 


FO intervient pour justifier que le recrutement de moyens humains supplémentaires est la condition incontournable pour éviter le retour au distanciel et au télé-enseignement. 


POUR FO LE DÉDOUBLEMENT DES GROUPES D'ÉLÈVES ou DES GROUPES CLASSES DOIT SE FAIRE POUR MAINTENIR LE PRÉSENTIEL PARTOUT MAIS DANS DES CONDITIONS DE MISE EN SÉCURITÉ ! 

IL FAUT PLUS D'ENSEIGNANTS !


FO dénonce qu'à travers l'utilisation de chiffres indiquant des taux de contamination extrêmement faibles chez les élèves et les personnels du 86, le DASEN cherche à minimiser l'exposition aux risques de propagation du virus et de contamination sur lieu de travail : il suffit de voir les temps de restauration en cantine et réfectoires scolaires, surtout en lycée et collège pour comprendre que le risque est optimisé (brassage complet d'un grand nombre d'élèves, aucune distanciation sociale possible, lieux clos et fermés, ...)


La crise des personnels épuisés

Quand le DASEN explique encore que la situation de crise justifie que chacun agisse hors cadre habituel et réglementaire, que les cadres du rectorat ont aussi pris sur leurs vacances pour être opérationnels le 2 novembre (trouvant normal que des IEN ou Conseillers Pédagogiques ou le Secrétaire Général livrent des masques aux directeurs en donnant rendez-vous un dimanche soir 1er novembre après 20h sur des parking de supermarchés, par exemple), FO intervient pour dénoncer l'usure volontaire de tous les agents par manque d'anticipation, par manque d'organisation ! 

Banaliser la journée du 2 novembre aurait permis de s'organiser sans empiéter sur le temps, indispensable aux collègues, de repos et de vacances ! 

La hausse des RSST pour droit au repos, droit à la déconnexion, pour épuisement professionnel et mise en danger, n'a de cesse de s'accentuer depuis la rentrée de septembre. 

Le DASEN explique suivre l'objectif de limiter la propagation du virus, par un protocole "souple" qui permettra d'être en fonctionnement ajusté et définitif au 9 novembre

FO dénonce l'improvisation que cette "souplesse" implique : les revirements de consignes incessants, l'ajout de tâches administratives pour les directeurs, la cacophonie des consignes, la pression de la part d'IEN pour refaire une nouvelle fois les groupes d'élèves en imposant des normes de récréations non demandées dans le protocole, et des journées de 6h complètes en surveillance d'élèves sans pause pour les personnels !

Comme toujours lorsqu'il est question de "souplesse" ce sont nos conditions de travail et de santé qui sont attaquées. 


La crise des masques

Personne ne répond à la question de FO sur la question d'avoir imposé les masques aux élèves en primaire alors que depuis le 11 mai on nous explique que les enfants ne sont pas contagieux, et les masques Type I largement suffisants si seul l'adulte en est équipé ! 


Le constat de FO sur le danger des masques fournis est rendu évident par cette mesure toute récente. En plus de générer des frais conséquents pour les familles, de risquer de provoquer (comme pour les enseignants) une utilisation inadaptée pour garantir une protection complète, l'ISST (Inspecteur Santé Sécurité au Travail de l'académie) explique qu'en effet les notices des masques fournis depuis le 2 novembre ne sont pas tenues de porter les informations de provenance des masques ! Il indique que les taux de filtrations et de respirabilité sont indiqués mais rien sur la composition.

Après l'épisode honteux des masques "DIM" à la zéolithe (tous retirés, nous promet-on, et remplacés par des masques "Corèle"...), et le potentiel empoisonnement de personnels, EST-CE NORMAL ? 



La crise du respect des personnels

A l'heure de l'attaque effroyable contre le droit de liberté d'expression, contre le droit de liberté pédagogique, dont a été victime notre collègue S. Paty, la Rectrice décide de montrer comment l'institution soutient ses agents, en maintenant les sanctions contre les collègues de Melle, et malgré le vote du conseil de discipline qui donnait majoritaire la décision de lever toutes les sanctions. Ainsi nos 4 collègues subiront, l'un une mutation d'office, l'autre 15 jours de suspension sans traitement ni cumul d'ancienneté de service, l'autre une rétrogradation d'échelon, c'est une honte !


A l'heure de l'attaque effroyable contre le droit de liberté d'expression, contre le droit de liberté pédagogique, dont a été victime notre collègue S. Paty, par une montée en puissance de témoignages diffamatoires et dégradant via les réseaux sociaux, le rectorat de la Vienne n'a toujours pas mis en place la surveillance des réseaux sociaux, pourtant demandée par FO dans tous les CHSCT de juin et septembre 2020, alors que des écrits y sont postés à l'encontre des professeurs ou des PE du département !


A l'heure de l'attaque effroyable contre le droit de liberté d'expression, contre le droit de liberté pédagogique, dont a été victime notre collègue S. Paty, une équipe d'une école de la Vienne se trouve dans une situation de danger grave et imminent, et le DASEN n'avait trouvé comme solution que de les accompagner avec l'appui par les conseillers pédagogiques, pour un risque complètement indépendant de toute question de pédagogie, et l'appui par l'Équipe Mobile de Sécurité du rectorat, alors qu'une protection policière est nécessaire ! 


C'est FO qui s'est vue seule à demander l'octroi automatique de la protection fonctionnelle pour tous les membres de l'équipe, qui a dû expliquer les conditions matérielles de protection attendues par les collègues, les informer de leurs droits et des leviers à actionner pour être juridiquement, sanitairement et physiquement protégés, rappeler au DASEN les risques éminemment graves encourus par les personnels, et la nécessité de les protéger de toute urgence ! 

Est-ce normal ?



FACE À L'INCURIE DU MINISTRE, FACE AUX RISQUES ENCOURUS AU TRAVAIL, FACE À LA MISE EN DANGER AGGRAVÉE, NE RESTEZ PAS ISOLÉS, N'AGISSEZ PAS SEULS, CONTACTEZ LE SYNDICAT, POUR CONNAÎTRE VOS DROITS ET ÊTRE AIDÉS DANS VOS DÉMARCHES !

(rédaction de Registres Santé Sécurité au Travail, Registres Danger Grave et Imminent, Protection Fonctionnelle)



Derniers jours pour s'inscrire au STAGE DE FORMATION SYNDICALE FO des 10 et 11 décembre 2020 : connaître ses droits en Santé Sécurité au Travail, les faire valoir >>> lien d'inscription ici <<< 

dates limite d'inscription 10 et 11 NOVEMBRE


Julien Marmisse, Frédéric Artus

Représentants FO au CHSCT-D de la Vienne



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Déclaration FNEC-FP FO CHSCT-D 05.11.2020
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