CDEN du 23 juin - ouvertures de rentrée - protocole - prof bashing - 2s2c - rythmes scolaires
Publié; le 26 juin 2020 | snudi FO

Compte-rendu du CDEN du 23 juin (Comité Départemental de l'Education Nationale)


Le CDEN entérine les décisions prises par le DASEN dans le CTSD (Comité Technique Spécial Départemental) à propos des ouvertures et fermetures de classes pour la rentrée suivante, et autres répartitions des moyens pour le 1er degré et les collèges (partie concernant les SEGPA où sont affectés des PE). Ce CDEN étudie également les investissements financiers engagés par le Conseil Départemental pour les collèges.


Vous trouverez au fil du compte-rendu, des extraits de notre déclaration liminairedes liens vers le site du SNUDI-FO86 concernant les thèmes abordés, le résultats des votes qui ne sont que consultatifs et n'ont donc aucune valeur contraignante pour l'employeur.


Il s'est tenu en présence de : la Préfète, le DASEN, le président du Conseil départemental, le vice-président, l'IEN-A, 2 représentants de l'Association des Maires du Département 86, des représentants du personnel ( 2 FO / 4 FSU-CGT / 2 UNSA / 1 SNALC), 2 représentants FCPE, 1 représentante des PEP, 1 représentant des associations complémentaires, 1 DDEN.


sommaire :

- déclaration FO

- statut de directeur, télé-enseignement, prime covid, 2S2C

- prof bashing

- gratuité de l'école, respect des ORS

- Indemnité de logement des instituteurs

- Carte scolaire 1er degré : ouvertures/fermetures

- Modification des Rythmes Scolaires

- DDEN


La déclaration lue par FO (en PJ) pointe les incohérences gouvernementales entre les annonces de "l'Etat de Guerre" et une réouverture complète des écoles après 3 protocoles sanitaires qui ont placé les équipes enseignantes en grande difficulté. Les incohérences liées à son application stricte, contournable par des effets "d'assouplissement local", véritables passe-droits et prétextes à détruire le socle égalitaire de l'Ecole de la République : (article 3e protocole et ASA ici)

extrait :

"Concernant le protocole ministériel, qui n’a de sanitaire que le nom, nous l’avons dès le début condamné. Tournant le dos à l’exigence de tests systématiques, ce protocole n’avait pas vocation à protéger les personnels ni les élèves : il a été conçu pour transférer les responsabilités à l’échelon local, pour faire exploser le groupe classe, les missions et les obligations de service, pour contraindre les personnels à renoncer à leur mission première qui est de délivrer un enseignement à tous leurs élèves.

D’ailleurs, le ministre n’a-t-il pas décidé d’alléger son protocole au lieu de le retirer ? N’a-t-on pas dit que ce protocole devait être appliqué à la lettre mais que tout assouplissement local pouvait être envisagé ? Ne dit-on pas qu’une nouvelle mesure du protocole allégé, comme par exemple celle de la distance latérale d’1m par élève, peut ne pas être respectée localement et si besoin, pourvu que tous les élèves soient accueillis ? C’était la guerre, l’urgence sanitaire, nous n’avons vu que « popotte locale » au détriment des personnels, au détriment des usagers, au détriment des valeurs de l’Ecole de la République !"   



Statut de directeur, télé-enseignement, prime covid, 2S2C : article 2S2C à lire ici

FO dénonce un dispositif qui place les intervenants artistiques et culturels et sportifs dans un cadre réducteur de droits, une rustine qui participe à la territorialisation de l'école, à davantage de pouvoir aux élus, à plus de confusion entre scolaire et périscolaire :

extrait :

"Mais le ministre justifie ainsi toutes les mesures prises à l’encontre de l’école et des statuts, comme la création d’un statut de directeur chargé de manager des écoles autonomes, le télé-enseignement et les 2S2C. Pire : il prévoit de déployer ces activités qui externalisent et übérisent l’enseignement en pillant les budgets consacrés à la vie de l’élève (les AED, les CPE, les infirmières, les médecins et l’action sociale) et en plaçant artistes et intervenants culturels ou sportifs dans un cadre réducteur de droits. LA FNEC FP-FO rejette les 2S2C et s’oppose à la pérennisation de ce dispositif, qui était sensé palier la restriction d’accueil des élèves mais qui accélère finalement la confusion entre le scolaire et le périscolaire, transforme l’école en garderie municipale, remet en cause les statuts particuliers des enseignants, et ferait disparaitre les enseignements obligatoires d’EPS, de musique, d’arts plastiques s’il était maintenu."


La prime covid qui prévoit 0€ pour moins de 4j de volontariat à l'accueil des enfants de soignants pendant le confinement : honteux !

article à lire ici 

extrait:

"quelques primes inégalitaires ne suffiront pas à remercier l’engagement des personnels pendant la crise, surtout lorsque l’on découvre que le MEN entend marquer sa reconnaissance par une prime de 0 € pour les personnels ayant participé à hauteur de moins de 4 jours à l’accueil des enfants de soignants ! Ainsi, avec 3 jours d’accueil, d’exposition au risque sanitaire de contamination, sur volontariat et par effort de solidarité nationale, on a une reconnaissance nulle de l’effort engagé pour la Nation !"



Prof Bashing : article snudi site ici

FO dénonce la propagande ministérielle qui est allée, par diffusion non cadrée dans les médias, à l'encontre des enseignants et des situations particulières qui les ont placés en difficulté :

extrait :

"Dans ce contexte global, la campagne médiatique qui s’est déchaînée contre des professeurs dits « décrocheurs » ne trompe personne. L’objectif est clair : désigner à la vindicte populaire les enseignants, les décrédibiliser, pour mieux détruire les droits et les acquis, et les empêcher de revendiquer. La FNEC FP-FO condamne ces méthodes et affirme que c’est le ministre et ses protocoles qui remettent en cause l’Ecole publique pour tous. En effet, comment comprendre que, dans les 5% d’enseignants visés, sont comptés, par exemple, ceux en arrêt maladie, qui pour certains soignent un cancer ou toute autre maladie empêchant de servir ? Comment comprendre le martèlement de ce chiffre alors que le privé compte, quant à lui, 7% d’absentéisme, mais dont personne ne parle ? "



Ecole Gratuite ? Respect des ORS ?

Encore, nous y soulevons les problèmes déontologiques des valeurs de l'Ecole de la République, brisées par la gestion accablante de la crise par le ministère qui a provoqué des inégalités sociales, des creusements de ces inégalités, tant pour les enseignants que pour les familles et les élèves.

extrait :

"Comment expliquer la désorganisation de l’école et des enseignements autrement qu’à travers les actes manqués, la gestion par omission de notre ministère ? Aucune directive nationale claire n’a été donnée, tout a été renvoyé à la responsabilité propre des personnels, désemparés, non formés, non préparés à faire classe à distance, et qui, malgré les meilleures intentions, ont participé à leur insu à la mise en difficulté des familles, des parents, des élèves ? Qui doit répondre aux familles qui transmettent la facture, parfois trop lourde pour leur budget, des imprimantes et des cartouches d’encre que la classe à la maison les a contraints à devoir acheter ? Qui doit répondre des volumes horaires colossaux imposés par la classe à la maison, aux enseignants autant qu’aux parents, eux-mêmes installés en télétravail à domicile ? Qui doit répondre du fait que la gratuité de l’Ecole de la République n’a plus été respectée ? Notre fédération FO de l’enseignement et de la culture demande la reconnaissance matérielle et financière des moyens réquisitionnés à la solde des agents eux-mêmes et des familles, ainsi que la reconnaissance des heures supplémentaires engagées pour compenser l’absence de cadrage ministériel national et uniformisé."



Indemnité Représentative de Logement des Instituteurs :

FO a défendu dans sa déclaration et dans l'instance que l'Indemnité Représentative de Logement pour les 2 derniers Instituteurs du département qui n'ont pas de logement de fonction mis à disposition par la mairie, soit revue à la hausse : la proposition de la préfète est à 69€ en dessous de la préconisation ministérielle, soit 138€ pour les 2... Eu égard à la reconnaissance attendue pour les enseignants dans cette période, eu égard au maintien de nos traitements à 18% en dessous de coût de la vie, +138€ ne sont pas un excès de trésorerie. Nous avons demandé cette hausse. Refusée car ce supplément serait alors à charge des communes.


VOTE du projet de la Préfète sur sa proposition à 69€ en dessous de la préconisation ministérielle :

5 POUR (2 AMD86, 1Cons Départml, 1PEP, 1 asso complémentaires) / 1 ABSTENTION (1FCPE) / 9 CONTRE (2FO, 4FSU, 2UNSA, 1SNALC) 



CARTE SCOLAIRE 1er degré : 

les décisions du CTSD sont maintenues à l'identique (lire ici les tableaux du CTSD(ouvertures/fermetures))

Dans sa déclaration, FO justifie son vote CONTRE du CTSD du 15 juin et encore au CDEN du 23 juin :

"Concernant la carte scolaire de la Vienne, suite au CTSD d’ajustement du 15 juin, dans lequel la FNEC-FP-FO 86 a exprimé un vote « contre », que nous renouvellerons dans ce CDEN, nous souhaitons livrer quelques éléments pour en faire comprendre le fondement. Qu’il soit dit en CTSD que la mesure ministérielle, de ne pas retirer de postes aux écoles du rural dans les communes de moins de 5000 habitants, empêche de satisfaire toutes les demandes d’ouvertures du département, nous interroge fortement. N’est-ce pas l’aveu que le département a des besoins en moyens humains, et que pour autant la politique ministérielle se déploie encore et toujours à moyens constants, en dépossédant les uns de conditions qualitatives d’enseignement pour permettre à d’autre d’y accéder ? Ce n’est pas notre perception de l’ajustement des moyens à donner au service public d’éducation, qui doit garantir l’égalité des chances à travers une justice sociale indispensable. Les taux d’encadrements d’élèves en dessous de 25 par classe sont la garantie, partout, de pouvoir exercer et enseigner en toute disponibilité pour les élèves. Il en va de la citoyenneté instruite de demain."

Et nous justifions également que les PIAL, la refondation du CMPP, l'inclusion à marche forcée aggraveront dès la rentrée de septembre nos conditions de travail, nos possibilités d'intervenir au plus prêt des élèves à besoins particuliers dans nos classes, toujours plus nombreux et avec toujours moins de moyens. article AESH et situations PIAL ici)

extrait :

"Les élèves d’aujourd’hui sont moins nombreux dans la Vienne ? Oui sans doute, mais leurs besoins particuliers sont plus prononcés. L’inclusion accélérée à la prochaine rentrée, la refondation du CMPP pour la rentrée 2021, qui laissera 20% des élèves accueillis au CMPP sans les soins dont ils ont besoin, l’absence des moyens nécessaires pour les RASED, la mise en place des PIAL qui établiront des missions mutualisées pour les AESH qui accompagnent les élèves en situation de handicap dans leur classe, autant de projections qui démontrent que les enseignants auront encore plus de responsabilités pour la prise en compte de chaque élève avec ses particularités et ses besoins spécifiques. Comment y parvenir sans que les classes ne comptent des effectifs hautement allégés, et ce, partout ? Il faut une dotation supplémentaire, et les 9 ouvertures prévues ne couvrent pas les enjeux à venir pour la prochaine rentrée. De même, pour les AESH, qui vont subir des emplois du temps modifiables à la semaine, la prise en charge d’enfants différents chaque jour quand ceux-ci ont besoin de pouvoir tisser des liens affectifs forts avec leurs accompagnants, la valorisation et la juste reconnaissance de ces personnels passe inévitablement par la création d’un statut ouvrant des droits égalitaires et socialement justes, ainsi que par un salaire décent. Nous demandons aussi que les DGH collèges soient revues à la hausse et complétées en heures postes de manière à ce que chaque élève retrouve des conditions optimales de travail, lui permettant de palier les difficultés rencontrées durant cette année scolaire particulièrement perturbée."


VOTE POUR LA CARTE SCOLAIRE : 

9 POUR (2 AMD86 / 1 Cons Dépmtal / 4 FSU / 2 UNSA) ; 3 ABSTENTIONS (1 SNALC / 1 FCPE / 1 PEP) ; 2 CONTRE (2 FO)



Modifications des rythmes scolaires pour la rentrée :

Les écoles qui souhaitent changer leurs rythmes scolaires, revenir à la semaine à 4 jours par exemple, doivent en faire la demande avant le 31 janvier de l'année scolaire, pour que le traitement de la demande soit fait pour la rentrée suivante. Cette demande s'appuie sur un vote en Conseil d'Ecole, après consultation avec les élus et les représentants de parents d'élèves.

Plusieurs école du département demandent donc une modification de leurs RS.


VOTE : 6 POUR (2 AMD86, 1 Cons. Dprtml, 2 UNSA, 1 asso complém) ; 7 ABSTENTIONS (2 FO, 4 FSU, 1 SNALC) ; 0 CONTRE 



Nomination de nouveaux DDEN : VOTE unanimement POUR (13 voix)



Pour la FNEC-FP-FO 86,

Julien Marmisse

Sandrine Labbaye




cale




SPIP 3.2.1 [23954] habillé par le Snudi Fo