La reprise des cours à tout prix : inacceptable ! irresponsable !
Publié; le 15 avril 2020 | snudi FO

Le discours du président de la République du lundi 13 avril fixe un objectif, la reprise de l'activité économique, et un cap, le 11 mai.

Pour redémarrer la machine économique, il va falloir que les enseignants gardent les enfants des salariés.

A cet égard, ce discours a sa cohérence.



Nous en avons une autre : la protection des salariés et au-delà, de l'ensemble de la population.

Ainsi que le refus que cette crise soit le biais utilisé dans notre dos par ce gouvernement pour aller plus loin dans la déréglementation et la casse de nos droits.

Si la perspective d'un déconfinement est essentielle, ce ne peut être aux dépens de la sécurité sanitaire, ce ne peut être en mettant en danger des vies supplémentaires.

Comment comprendre que les restaurants restent fermés, et que les rassemblements soient toujours interdits alors que les établissements scolaires devront réouvrir ?

À l’école, les gestes barrières sont impossibles à appliquer.

Comment observer une distanciation sociale dans des classes souvent petites avec parfois plus de 30 élèves ? A la cantine, durant les récréations, dans les dortoirs ou les transports?

Et toujours rien de prévu pour les personnels à risques, qui doivent pourtant bénéficier d’un suivi médical. Il n'y a plus un seul médecin de prévention dans l'académie de Poitiers** !



Pour le SNUDI-FO86 la protection des personnels et des élèves, les conditions à la réouverture des écoles, sont loin d’être réunies :

- le dépistage systématique des enseignants et des élèves avec des tests sérologiques,

- le matériel de protection adapté et en quantité suffisante (thermomètres, savon, gel hydro-alcoolique, gants, serviettes, masques FFP2),

- le nettoyage et la désinfection des locaux dans le cadre d'un protocole strict,

- l’avis des médecins de prévention, la possibilité pour chaque collègue de saisir la médecine de prévention.

Le SNUDI-FO86 refuse que l’Ecole serve de garderie au service du MEDEF et du patronat. L’éducation nationale et ses personnels ne sont pas une variable d’ajustement pour les besoins du marché. Cette décision ne trompe personne, d’autant plus que les universités restent fermées, les étudiants n’ayant pas besoin d’être gardés.

Le SNUDI-FO86 s’oppose fermement à la réouverture des écoles au détriment de la santé des enseignants et des usagers, et sur l'autel de la reprise économique à tout prix...

Le SNUDI-FO86 n’oublie pas, alors que la crise sanitaire a mis sur le devant la scène, l’importance des services publics et la faillite des politiques d’austérité qui les ont saccagés.

Dans ce contexte vous trouverez ci-dessous le communiqué national de la FNEC-FP-FO.

N’hésitez pas à nous contactez pour toute question, nous informer des pressions éventuelles que vous subissez et qui sont nombreuses. «Ils ne sont ni nos dieux, ni nos maîtres» : nous ne sommes pas corvéables à merci, nous avons des droits !

Le SNUDI-FO86 est l’outil syndical indépendant dont disposent les PE pour se défendre, pour faire cesser ces pressions et pour se protéger.

Nous avons des droits, défendons-les : pour les défendre ensemble, pour les reconquérir, et pour le progrès social, nous vous proposons d’adhérer dès maintenant (liens et renseignement au bas de ce mail).

Syndicalement.

Fabien Vasselin, pour le bureau départemental



Communiqué national de la FNEC-FP-FO :

La reprise des cours à tout prix :

inacceptable ! Irresponsable !


L’INSERM, comme la plupart des scientifiques, préconisait de rouvrir les écoles en toute fin de levée du déconfinement*. Mais ce n’était pas l’avis du MEDEF !


« À partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées, déclare le 13 avril le président de la République. Le patronat s’est déclaré « satisfait » : «cela permet aux entreprises de bien préparer la reprise, et aux enfants de retrouver le chemin de l’école» s’est félicité un porte-parole du Medef.


Mais du côté des personnels, cette annonce a provoqué l’incompréhension : la colère est encore montée d’un cran.


Une décision irresponsable

Comment comprendre que les restaurants restent fermés, et que les rassemblements soient toujours interdits alors que les établissements scolaires devront réouvrir ?

À l’école, les gestes barrières sont impossibles à appliquer. Comment observer une distanciation sociale dans des classes de 30 voire 35 élèves ?

Et toujours rien de prévu pour les personnels à risques, qui doivent pourtant bénéficier d’un suivi médical.


Depuis un mois, une partie des personnels assure l’accueil des enfants de soignants la plupart du temps sans aucun matériel de protection** (masque FFP2, gel hydroalcoolique, gants…), alors qu’il est de la responsabilité de l’État employeur de veiller sur la santé de ses agents. Certains sont tombés malades.

Depuis un mois la FNEC FP-FO intervient à tous les niveaux et en particulier pour exiger du ministre qu’il prenne ses responsabilités en matière de protection des personnels.


Le dépistage systématique avant toute consigne de reprise des cours

FO a fait adopter un avis au CHSCT ministériel le 3 avril demandant «un dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité.»

Seuls ceux qui présenteront des symptômes seront testés, selon le président Macron. Or, la plupart des enfants porteurs du virus sont asymptomatiques. Comment éviter tout risque de contagion ? Les personnels refusent d’aller à l’abattoir.

Quant à la mise à disposition des masques pour tous les personnels, le ministre de l’Éducation nationale se contente de dire : « c’est une possibilité ». Alors que l’on sait que les masques manquent partout, et en premier lieu dans les hôpitaux !


Le ministre Blanquer parle aussi de grands aménagements : « On peut très bien imaginer des petits groupes à certains moments de la journée »

On voit mal comment tout cela pourrait être appliqué.


En tout cas la FNEC FP-FO n’acceptera aucune remise en cause des obligations réglementaires de service des personnels. Assez joué, assez de bricolage Monsieur le Ministre, il s’agit de notre santé, de nos vies*** !


L’école n’est pas la garderie du MEDEF

Le Président met en avant les inégalités sociales qui se sont accentuées avec l’enseignement à distance, pourtant vanté par le ministre de l’Éducation nationale. C’est vrai, mais nous constatons aussi que depuis plusieurs jours des voix se sont élevées pour accélérer la reprise de l’économie et faire repartir la production.


L’éducation nationale et ses personnels ne sont pas une variable d’ajustement pour les besoins du marché. Cette décision ne trompe personne, d’autant plus que les universités restent fermées, les étudiants n’ayant pas besoin d’être gardés.


La FNEC FP-FO exige, avant toute reprise de l’activité :

s Des tests sérologiques pour organiser le dépistage systématique pour tous les personnels et les élèves, conformément à l’avis du CHSCT ministériel

s La désinfection des écoles, services et établissements scolaires

s Des matériels de protection (gel hydroalcoolique, gants et masques FFP2) en quantité suffisante. Alors que la crise a mis sur le devant la scène, l’importance des services publics et la faillite des politiques d’austérité qui les ont saccagés, la FNEC FP-FO réitère sa demande d’annulation de toutes les suppressions de postes pour la rentrée prochaine.


La FNEC FP-FO rappellera ces préalables au ministre de l’Éducation nationale. S’il persiste dans une reprise des cours au prix de la santé des personnels, la FNEC FP-FO les invitera à utiliser leur droit de retrait. La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève jusqu’au 30 mai.



* « La levée du confinement sans stratégie de sortie entraînerait une deuxième vague écrasant largement le système de santé ». Ainsi l'Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (Inserm) résumait-il son étude publiée dimanche 12 avril et adressée au Conseil Scientifique mis en place par le président de la république, en collaboration avec l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique et Médecine Sorbonne Université, ajoutant : « Le tracement et dépistage massif de cas-contacts pour les isoler rapidement sont nécessaires » pour envisager les stratégies de déconfinement progressif « tout en maintenant les écoles fermées et les personnes âgées isolées ».

Le 12 mars, le président Macron n’annonçait-il pas aux français la fermeture des crèches et des établissements scolaires, « pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n'ont parfois pas de symptômes » ? En quoi la situation a-t-elle fondamentalement changé ?


** Dans l’académie de Poitiers, où il devrait y avoir réglementairement 8 médecins de prévention pour 28.000 agents, depuis début avril IL N’Y EN A PLUS DU TOUT !

Trop cher et enquiquinant un médecin de prévention : ça fait des recommandations, et il faut les suivre.

Pas de médecin de prévention ça permet de continuer à multiplier les mesures et les contre-réformes contre les personnels sans trop se soucier des conséquences sur leur santé.

FO agit en CHSCT pour le recrutement de médecins de prévention, pour obliger l’employeur à assumer ses obligations, et défendre la santé des personnels. Contactez le Snudi-FO, renseignez-vous pour la défense de votre dossier.


*** Jean-Michel Blanquer, interrogé sur France 2 ce mardi matin 14 avril s'est montré incapable de présenter la moindre mesure pour accompagner la réouverture des écoles. Il a dit se donner 2 semaines pour définir une stratégie ! Alors que jusqu'à dimanche, le ministre vantait la « continuité pédagogique », revirement ce mardi : il convient aujourd'hui de rouvrir les écoles pour ne pas accroître les inégalités ! Ne serait-ce pas plutôt uniquement pour permettre aux parents de reprendre le travail que l'on s'apprête à ouvrir les établissements ? Sur le terrain, comme il y a un mois, le ministère de l’Education Nationale fait preuve d'un total amateurisme. Incapable de protéger les personnels volontaires dans les écoles pour l’accueil des enfants de personnels soignants, incapable de mettre en œuvre la continuité pédagogique, il envisage aujourd'hui une reprise des cours sans tests, sans masques, sans la garantie de pouvoir faire respecter les fameux gestes barrières par les élèves. Comment le pourrait-on dans des cités scolaires de plusieurs centaines d'élèves, ou dans des classes maternelles avec des tout-petits ?


cale




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