CR GT 86 directeurs du 11-12, statut de directeurs : le ministre vend du rêve !
Publié; le 20 décembre 2019, mis à jour le 25 décembre 2019 | snudi FO

(cet article en PJ également)

GROUPE DE TRAVAIL « MISSIONS DES DIRECTEURS »,

COMME SI LE MINISTRE NE SAVAIT PAS DEJA...

La Rectrice présente ce GT comme étant en continuité des réunions d'échanges proposées aux directeurs et animées par les IEN, et en préparation du CTM (Comité Technique Ministériel) du 13 décembre. Il devait s'ensuivre d'annonces ministérielles.

Elle indique que l'octroi de +1 j de décharge « offert » aux directeurs des écoles dans la Vienne est en place et continuera en 2020 pour ceux qui n'ont pas encore eu leur « cadeau-bonus ».

En présence des DASEN, IEN-A et SG 1er degré, étaient invités :

  • 2 IEN de « circonscriptions à profil particulier » (Montmorillon Sud Vienne pour grande ruralité et Chatellerault pour éducation prioritaire)

  • 7 directrices et directeurs d'école (1 par circonscription + 1 par « profil d'école » (rurale, péri-urbaine, urbaine, éducation prioritaire, à classe unique, de 0% à 100% de décharge)

  • 1 représentant par organisation syndicale siégeant au CTSD (FO, FSU, SNALC, UNSA)



SAISISSANT : L'ADMINISTRATION DECOUVRE LES REALITES !

L'ensemble des remontées exprimées par les collègues directeurs et par les organisations syndicales sont unanimes :

  • chronophagie à tous les étages !

  • Surcharge de travail avec des pics insupportables à certains moments de l'année (élections parents d'élèves, passations vers la 6e,...)

  • décharges insuffisantes

Alors que l'IA-DASEN présentait un découpage en 3 thématiques distinctes (tâches administratives, gestion d'équipe pédagogique, relations aux partenaires de l'école), les premiers témoignages faisaient déjà état de la hausse considérable des sollicitations des directeurs :

« 75% de notre temps consacré à l'administratif pour 25% il y a 25 ans ! », « Comment faire bien son temps de classe quand on a le téléphone en cas d'urgence dans la poche qui sonne tout le temps et la porte de l'école à ouvrir incessamment ? ».

FO intervient pour rappeler à l'administration que les revendications sont connues de longue date, toutes rappelées par le triste courrier de la collègue de Pantin, et toutes portées par FO dans toutes les instances depuis de nombreuses années, et notamment lors des multiples réunions « Protocole de simplification des tâches de directeurs » où pas un mot des revendications des directeurs que nous avions portées n'a été entendu.



« Simplification des tâches » et Numérique

FO défend depuis toujours un « allègement des tâches de direction » et non la pseudo-simplification qui n'en a que le nom. Il s'agissait en réalité de développer le numérique et les applications intranet chronophages. Aujourd'hui elles pullulent, ne fonctionnent pas, ou demandent un temps de mise à jour démesuré aux directeurs, voire nécessitent un doublon papier !

Le droit à ne pas être directeur sur son temps personnel :

FO exprime que les directeurs ne peuvent pas être privés du droit au décrochage numérique et de la possibilité de ne pas avoir de travail sur leur temps libre ! FO dénonce les multiples sollicitations y compris sur les congés, les réunions le soir hors ORS (Obligations Réglementaires de Service)

La santé est en jeu, le droit de vivre dignement est bafoué.

Travailler plus pour gagner moins :

FO rappelle l'importance de la considération attendue par les directeurs, tout autant que par les autres personnels de l'école.

La charge de travail a augmenté, pas les salaires ! Depuis 2000 leur pouvoir d'achat a baissé d'au moins 18%, comme celui de tous les PE, et le salaire net a diminué. Il faut une hausse de l'indemnité de direction ! Le dégel de la valeur du point de l'indice, et le rattrapage de la perte de salaire.



Incohérences et missions inadaptées

FO demande le respect des obligations de l'employeur de fournir 1 fois /an, pas plus, un calendrier fixe des animations pédagogiques. Les directeurs subissent la demande de faire remonter les tableaux des 108h indiquant les dates des conseils, sous pression, dès la rentrée, et doivent pourtant tout reprendre quand les dates des animations pédagogiques fluctuent ou s'annoncent en dernière minute. Ce n'est pas leur travail de décompter que chaque collègue fasse ou non ses 108h, le directeur n'est pas l'employeur.

Les PPMS ne font pas partie des missions des directeurs :

FO indique aussi que l'allègement des tâches passe par la suppression des missions qui ne relèvent pas des compétences d'un PE faisant fonction de directeur : le PPMS n'a pas à être organisé par les directeurs ! Réunir les participants tels que forces de l'ordre, sécurité, élus, DDEN, etc... et en rendre compte en engageant leur responsabilité, sans formation à ces dispositifs, ne relève pas de leurs fonctions !

C'est aux municipalités dans le cadre du Plan Communal de Sauvegarde de prendre en charge les formalités et mise en œuvre des exercices PPMS.

Dispense d'animations pédagogiques et 2e jour de pré-rentrée :

Le DASEN précise que 9h obligatoires ont été retirées aux directeurs sur les 18h d'animations pédagogiques pour compenser le temps passé en réunion de directeurs. FO répond que les réunions de directeurs sont vécues comme temps d'« information » et non de « formation », qui fait cruellement défaut.

FO dénonce les réunions de directeurs sur le 2e jour de pré-rentrée qui n'est partout basée que sur le volontariat. FO dénonce le passage d'1 réunion de directeurs à 3 par an, jamais sur temps de classe mais toujours sur le soir ou le temps personnel des agents.



Formation Juridique ?

Les tâches réglementaires et les situations où la responsabilité est engagée se sont empilées. (Quid des PAI non signés par le médecin scolaire avant la fin de l'année et des répercussions en cas d'incident sanitaire ?).

Sans formation juridique les directeurs sont confrontés à des situations difficiles et pouvant les mettre en porte-à-faux. Les directeurs n'ont pas à engager leur responsabilité juridique. Notre administration les y contraint partout, ce n'est pas acceptable !



Réponses du DASEN :

Le DASEN explique que les postes de médecin scolaires existent mais que personne ne candidate dessus.

Qu'une nouvelle version normée et uniformisée de PAI est à l'étude, pour notamment faciliter le lien avec les services périscolaires des écoles.

Que des « fiches outils » sont éditées et seront développées.

On ne change pas une équipe qui perd :

La Rectrice envisage la création de pages internet isolées compilant les références juridiques utiles, la mutualisation des solutions entre pairs, et pourquoi pas des visio-conférences en ligne.

Commentaire FO : Allons donc !

Pour FO c'est clairement la continuité de ce qui dysfonctionne et pousse les personnels de direction à bout, en maintenant un climat de travail permanent via le numérique.

FO rappelle que les aides à la direction étaient un moyen humain indispensable pour alléger la gestion des tâches basiques du quotidien (secrétariat, tri des mails, standard téléphonique et accueil aux portes de l'école,...), mais qu'il ne compense en rien le besoin urgent de temps supplémentaire de décharge !



QUE REVENDIQUE LE SNUDI-FO 86 ?

Le Snudi-FO rejette avec les collègues :

- la transformation du rôle et de la place des directeurs en leur attribuant une mission d’impulsion pédagogique, les plaçant en position de supérieur des adjoints (« pilotes pédagogiques »),

- l’attribution de responsabilités particulières dans les relations avec les élus, les instituant de fait en position de subalternes d’élus politiques dans le cadre des PEDT, des cités éducatives et de l’intrusion croissante des collectivités territoriales dans les écoles,

- la surcharge de travail par le transfert de taches qui ne relèvent pas de leur fonction (formation des stagiaires, mise en œuvre des PPRE, participation aux actions et projets issus du conseil école-collège, gestion des AESH, élaboration du PPMS (exemple : risques majeurs, attentat, intrusion…), du DUER, mise en œuvre de la sectorisation des collèges pour les élèves de CM2 via AFFELNET, hotline des parents pour consultation du LSUN avec Educonect…),

- la généralisation des procédures spécifiques d’affectation, postes profiles avec entretien préalable pour accéder a un poste de direction en REP et REP+ ou avec une décharge complète,

- le décret relatif au contrôle des établissements d’accueil collectif dit « jardin d’enfants » qui assimile le responsable dudit établissement « au directeur d’école ou chef d’établissement scolaire » et, de fait, introduit une confusion qui prépare la mise en place d’un statut de directeur.



A l’opposé le SNUDI FO revendique le strict respect du décret 89-122 du 24 février 1989, définissant le cadre juridique de la fonction de directeur d’école.

Pour le SNUDI FO, le combat contre le statut juridique de l’école et/ou de statut hiérarchique du directeur (qui constitue le moyen de franchir un nouveau pas pour territorialiser l’école et placer les enseignants sous la tutelle des territoires) est inséparable du combat pour les revendications améliorant les conditions de travail.

Le SNUDI FO revendique :

- l’abandon de tous les projets visant à créer un statut* de chef d’établissement, un statut hiérarchique,

- l’abandon des expérimentations de tous ordres telles que les « cités éducatives », les fusions pour regrouper plusieurs écoles dans un établissement primaire, ou même parfois avec un collège, dans un établissement autonome,

- une réelle augmentation de toutes les décharges de direction, avec une périodicité fixe

- une décharge effective tous les jours de décharge (remplacement en cas d’absence),

- une aide administrative pour chaque directeur avec des emplois statutaires de la Fonction publique,

- l’attribution d’une clé OTP supplémentaire à la personne assurant l’intérim de direction, dans le cadre de la protection des données personnelles,

- la prise en compte dans tous les départements de toutes les classes dans le calcul des décharges de direction, y compris les classes créées avec un moyen provisoire, les GS, CP et CE1 dédoublés en Education prioritaire,

- une réelle amélioration financière : 100 points d’indice pour tous, rattrapage de la perte de pouvoir d’achat subie depuis 2000.

- la tenue de toutes les réunions durant le temps scolaire avec le remplacement du directeur par un titulaire remplaçant,

- l’édition d’ordres de mission chaque fois que les directeurs sont amenés à se déplacer a la demande de l’administration,

- le transfert de la responsabilité de la rédaction des PPMS aux mairies, dans le cadre du plan communal de sauvegarde (PCS), en respect de la réglementation

- le rétablissement du cadre national de l’école publique et l’arrêt des processus de territorialisation, abandon des PEDT et décret sur les rythmes scolaires, afin de préserver les directeurs comme leurs adjoints des ingérences et pressions locales,

- la suppression des postes profiles et l’attribution de l’ensemble

des postes de direction au barème (AGS),

- le respect du décret de 1989 définissant la fonction de l’enseignant chargé de direction,

- l’abandon de toutes les tâches indues (Cf passage précédent).



* Pourquoi FO est contre un statut de directeur ? Qu’est-ce qu’un statut de directeur ?

Comme par hasard les organisations syndicales qui vendent avec le Ministre le statut de directeurs comme la solution « Miracle » aux problèmes des directeurs, oublient de préciser de quoi il s’agit !

Rappelons qu’un statut est quelque chose de bien précis dans la fonction publique.

Notons que les directeurs ont déjà un statut ! Comme les conseillers pédagogiques entre autres : leur statut est celui de PE. Ils appartiennent au corps des PE.

Créer un statut de directeur signifie donc créer un corps des directeurs, comme il existe celui des IEN ou des médecins scolaires par exemple. Chaque corps aurait sa propre CAPD (donc ses propres règles d’avancement de carrière et de mouvement), ses propres obligations de service. L’entrée dans un corps signifie la perte du bénéfice d’un autre corps. Autrement dit un PE qui accéderait par concours au corps de directeur qui serait créé, perdrait le bénéfice du CRPE, et ne pourrait plus redevenir PE sauf à repasser le concours.

L’entrée dans le corps de directeur s’effectuerait par le biais d’un concours. Sauf à imaginer un fonctionnement précaire par la voie du détachement. Ce serait bien sûr un risque de pression supplémentaire pour le personnel détaché dans ce corps de direction.

Ajoutons que l’accès à un corps est ouvert à tous ceux qui se présentent au concours : pourrait donc y accéder des candidats qui n’ont jamais exercé la moindre fonction d’enseignement. Les directeurs de ce nouveau corps n’auront donc aucune fonction d’enseignement : ils seraient directeurs d’une école ou d’un regroupement d’écoles.

La loi Darmanin prévoit le pilotage (et la rémunération) de tous les corps par des critères de performance, basés notamment sur la capacité à mettre en œuvre les politiques ministérielles. Il est très facile d’imaginer la suite !

La relation qui existera dès lors entre ces « super-directeurs » (ou bébé-IEN) et les professeurs des écoles serait toute autre que celle existant aujourd’hui !

C’est bien pour cela que l’immense majorité des directeurs continue de refuser avec FO la création d’un statut spécifique.



Julien Marmisse

Secrétaire départemental adjoint - SNUDIFO86



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